Philippe Lamberts, député européen Ecolo, répondait aux questions de Fabrice Grosfilley ce mercredi sur Bel RTL. Lorsque Fabrice Grosfilley lui demande s’il s’agit du sommet de la dernière chance pour sauver l’euro, Philippe Lamberts répond: "J’ai envie de dire comme habitude, c’est ce qu’on dit depuis trois ans, j’espère que cette fois-ci des décisions fortes seront prises. Je lis les papiers qui circulent pour le moment, ça ne laisse pas espérer grand-chose de bon. Sur le volet bancaire, il y a des progrès qui sont annoncés, on verra s’il y aura un accord là-dessus parce que j’attends l’attitude des Allemands et des Anglais là-dessus, qui ont toujours été extrêmement frileux. Sur le problème le plus brûlant, c’est-à-dire la question de la gestion de la dette, c’est-à-dire mettons en place une mutualisation de la dette, des euro-obligations, mettons en place alors une union politique, parce que pas de taxation, pas de risques financiers partagés sans souveraineté partagée, là, rien n’est moins sûr.

 

Peut-être que l’Allemagne arrivera à détruire l’Europe par sa politique

Le député Ecolo a cité Jocshka Fischer, ancien ministre des affaires étrangères allemand, lui aussi Ecolo, qui a déclaré la semaine dernière: " Après avoir ravagé deux fois l’Europe par la force des armes au cours du 20e siècle, peut-être l’Allemagne arrivera-t-elle à détruire l’Europe par sa politique. Il ajoute ensuite: "Je pense que l’obsession de l’Allemagne de refuser toute mutualisation des risques financiers […], l’Europe s’effondrera, et ça, c’est le choix devant lequel on est, et plus on retarde ce choix, plus certaine est la chute."

 

L’Europe ne survivra pas à la chute de l’euro

"Ce n’est pas seulement la fin de l’euro, je pense que c’est la fin de l’Union européenne. On ne va pas me faire avaler l’idée que l’euro pourrait s’effondrer suite à la chute de l’Espagne et de l’Italie, mais que néanmoins, l’euro continuerait". "Si l’euro aujourd’hui s’effondre, cela veut dire que le choix que les dirigeants européens font, c’est que les dirigeants pourront toujours tirer leur épingle du jeu et qu’il vaut mieux se débrouiller seul qu’ensemble. Et ça, si c’est vrai au niveau économique, ce sera vrai au niveau politique aussi, et donc il faut être cohérent, je pense que l’Europe ne survivra pas à la chute de l’euro, donc c’est dans les mois qui viennent que ça va se décider."