La Lorraine (France), la Sarre et la Rhénanie-Palatinat (Allemagne), la Wallonie (Belgique) et le Grand-Duché du Luxembourg ont testé mercredi la pertinence des mesures d'urgence qu'ils auraient à prendre ensemble en cas d'accident à la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle).
Cet exercice transfrontalier, qui se poursuivra jeudi, doit servir à évaluer sinon améliorer l'échange d'informations entre les cellules de crise des quatre pays lors d'une situation d'"urgence nucléaire", a expliqué à Metz le "directeur de crise" français, François Marzorati.
Scénario retenu pour cet exercice qui s'est joué simultanément à Metz, Sarrebruck, Trèves, Bruxelles et Luxembourg: une fuite dans le circuit de refroidissement de l'un des quatre réacteurs de la centrale mosellane, aggravée par une défaillance de tous les systèmes de refroidissement de secours.
Conséquences possibles: une fusion du coeur du réacteur et la dissémination dans l'atmosphère de rejets radioactifs par une installation située à la frontière de la France avec le Luxembourg et l'Allemagne.
La septième centrale au monde
Cette confrontation des différents plans d'intervention nationaux a été décidée à la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima, en mars 2011 au Japon, par la "Grande Région", espace de coopération transfrontalière associant Lorraine, Sarre, Rhénanie-Palatinat, Wallonie et Grand-Duché, et regroupant une population de 11,2 millions d'habitants sur un territoire de quelque 65.000 km2.
Organisé sous la direction de la Sarre, ce premier exercice aura deux prolongements, a encore indiqué M. Marzorati. Le premier se déroulera les 5 et 6 décembre, sera piloté par le Luxembourg et aura pour thème "l'évacuation des populations lors d'un accident nucléaire". Le second sera dirigé par la France au printemps 2013 et sera axé sur "la gestion de l'après-crise".
Avec ses quatre réacteurs de 1.300 megawatts chacun mis en service entre 1986 et 1992, Cattenom est la septième centrale au monde en puissance installée et la deuxième en France pour sa production d'électricité.
En mars, le Luxembourg, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat ont demandé la fermeture de la centrale française, où les incidents se sont multipliés depuis le début de l'année.
En février notamment, l'Autorité de sûreté nucléaire française avait contraint l'exploitant, Electricité de France, à revoir la sûreté du système de refroidissement du combustible nucléaire dans deux réacteurs de la centrale.












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