Parmi les plus proches amis et collaborateurs de Michel Daerden, on trouve par exemple Égidio Di Panfilo, secrétaire général du SETCa-Liège et "ami proche" du défunt: "Comme syndicaliste, nous savions pouvoir compter sur lui afin de défendre les intérêts des travailleurs. C'est cette image que nous garderons d'un homme qui avait dédié sa vie à la politique et à la défense de sa région. Nous n'oublierons pas son rôle essentiel, à la suite d'André Cools et avec Guy Mathot, dans les dossiers socio-économiques de la région. Et notamment lors du combat pour le maintien d'une sidérurgie intégrée en 2003 où il joua un rôle central en tant que ministre du Budget (…) C'était un ami qui n'a jamais été avare de ses avis et conseils sans pour cela vouloir s'immiscer dans la vie syndicale. Cette relation fraternelle respectueuse du principe de l'indépendance syndicale résumée par l'expression 'eux c'est eux, nous c'est nous' me manquera."

 

Walther Herben, secrétaire communal d'Ans, dont Michel Daerden était le "meilleur ami": "J'ai perdu mon meilleur ami, mon ami de plus de 25 ans (…) Nous étions très proches, il y avait une réelle complicité entre nous, et elle était réciproque. Je retiendrai les moments forts de cette collaboration étroite (…) "Perdre Michel dans de telles circonstances, aussi rapidement, m'attriste beaucoup. Il n'était pas particulièrement inquiet au sujet de sa santé, et se réjouissait des nouveaux défis qui l'attendaient". 

 

Jacques Heleven, bourgmestre PS de Saint-Nicolas, où Michel Daerden se présentait pour les communales d'octobre, qui l'a connu plus de 30 ans: "Nous nous étions vus récemment, Michel ne me semblait ni malade ni spécialement fatigué (…) Cela a été très rapide, on espérait qu'il s'en sortirait. Je suis choqué, abasourdi. (…) Michel attirait beaucoup de sympathie, comme à Ans ou ailleurs dans la région liégeoise".

 

Marc Tarabella, député européen et bourgmestre PS d'Anthisnes, "ami" de Frédéric Daerden: "Michel Daerden était une vraie personnalité mais avant tout un homme de cœur, un de ces hommes qui ne laissent pas indifférent tant il avait de l'affection pour chacun. Son départ laisse un grand vide dans le cœur de tous ceux pour qui il a compté."

 

José Happart, ancien ministre wallon PS et ancien président du parlement wallon, "ami" de Michel Daerden malgré des divergences politiques lors de leur longue carrière commune au PS liégeois: "Son décès signifie la perte d'un ami mais aussi la perte d'un type extrêmement intelligent dans ses aspirations et dans son travail (…) On a perdu un grand homme politique (…) Si Michel Daerden a été, pendant une période de sa vie, partisan d'un Etat fédéral, il s'est ensuite rapproché davantage du combat wallon. Il avait vu que l'évolution de l'Etat était inéluctable et y a beaucoup travaillé (…) Michel Daerden était un homme qui aimait faire la fête mais qui aimait aussi par-dessus tout le travail. Et même s'il n'était pas marié avec une horloge ni avec un chronomètre, quand il disait qu'il venait, on pouvait compter sur lui (…) Je ne dirais pas qu'on a fait ensemble les 400 coups mais presque."

 

Laurette Onkelinx, ministre fédérale PS de la Santé, liégeoise ayant débuté en politique en même temps que Michel Daerden: "J'ai commencé la politique à Liège en même temps que lui. Nous sommes devenus députés le même jour. Nos routes n'ont pas cessé de se croiser. En quelque sorte, depuis 24 ans, il faisait partie de ma vie. Sa disparition si soudaine, si inattendue, me rend profondément triste (…) Michel était un homme du peuple, avec sa gouaille, ses excès, ses générosités, ses ruses. Il a mis son intelligence au service du développement économique de Liège et de la Wallonie. André Cools avait lancé sa carrière en connaissant ses capacités créatives"

 

Alain Mathot, bourgmestre PS de Seraing et adversaire politique de Michel Daerden au sein du PS Liégeois; mais dont le père, Guy Mathot, était très proche de Michel Daerden. Les deux familles passaient d'ailleurs leurs vacances dans les maisons voisines qu'elles possédaient à Saint-Raphaël, dans le Sud de la France. "La politique était toute sa vie, c'était un stratège dont les yeux brillaient quand il voyait comment concrétiser un gros dossier ou sceller un grand accord... Nous avons eu des moments d'opposition, et tenter mutuellement de déjouer nos plans était alors un peu comme un jeu d'échecs ! (…) Mais Michel, c'est aussi un homme que je connais depuis ma naissance et qui m'a vu grandir. Ce sont de grands fous rires, de grandes discussions, des moments parfois surréalistes que je n'oublierai jamais (…) Il était joyeux, parlait de sa campagne électorale qui débutait, échafaudait des stratégies pour mener de gros dossiers à Saint-Nicolas. Il avait encore beaucoup d'énergie qu'il voulait mettre, au sein d'Ecetia, au service de la métropole liégeoise. La mort à ses raisons que la raison ignore".

 

Willy Demeyer, président de la Fédération liégeoise du PS et bourgmestre de Liège: "Au début des années 90, c'est lui qui a pacifié le PS liégeois. Il a aussi joué un rôle déterminant dans l'arrivée du TGV à Liège (…) C'était un grand technicien dans les matières financières, et également un homme très populaire, ce qui compte beaucoup en politique (…) Le moment est au recueillement, il est trop tôt pour parler de politique et pour envisager sa succession. Michel avait accepté de nouveaux défis en se présentant aux élections communales à Saint-Nicolas, et il se réjouissait de les relever".

 

Stéphane Moreau, bourgmestre PS d'Ans, disciple politique de Michel Daerden devenu son plus grand opposant au point de l'éjecter du maïorat d'Ans, où Michel Daerden a été bourgmestre pendant 18 ans: "C'est avant tout un ami de plus de 30 ans que je perds aujourd'hui, une perte d'autant plus cruelle que les nouvelles concernant sa santé semblaient plus rassurantes ces derniers jours (…) C'est Michel Daerden qui m'a inculqué le virus de la politique (…) Nos origines modestes communes nous ont toujours rapprochés, et les différents combats que nous avons pu mener ensemble à Ans, à la Fédération liégeoise du Parti socialiste et sur bien d'autres terrains n'ont fait que cimenter ces liens (…) Je retiens l'image d'un homme de chiffres, de cœur, de talent et de grandes réalisations comme le TGV à Liège ou la métamorphose totale de sa chère commune d'Ans, que nous avons pu mettre en œuvre de concert. D'un homme politique de toute première force aussi, avec qui nous avions d'ailleurs décidé d'entamer de nouvelles missions essentielles dans le cadre du déploiement financier et stratégique du groupe Tecteo que je dirige".

 

Jean-Claude Marcourt, ministre wallon PS de l'Economie, liégeois et spécialiste des chiffres également, mais à l'opposé de Michel Daerden au niveau du tempérament: "Je perds quelqu'un que je connais depuis 30 ans. J'ai un grand sentiment de tristesse (…) J'ai une pensée pour lui, qui est parti trop tôt et une pensée pour ses trois enfants. Sous ses dehors de ne pas y toucher, il avait une affection immense pour ses enfants. Il avait tout sacrifié pour la politique et il y pensait souvent ces derniers temps. Il m'en avait parlé récemment (…) Je n'ai vraiment pas envie de parler politique aujourd'hui, mais plutôt de rendre hommage à un homme hors du commun (…) Il a voulu être un homme politique conventionnel puis il est devenu hyper-populaire en étant davantage lui-même. Il a fait ce qu'il pensait devoir faire toute sa vie mais je le répète, il est parti trop tôt. C'est triste pour tout le monde!"

 

Didier Reynders (MR), ministre des affaires étrangères, adversaire politique de toujours de Michel Daerden, à Liège comme au niveau fédéral, mais collègues dans l'enseignement au HEC Liège: "J'ai eu l'occasion de travailler beaucoup avec lui, tant au niveau fédéral qu'au niveau local (…) Je garde un très bon souvenir de lui, même si son image publique a, depuis 2006, pris le dessus sur l'image du travailleur".

 

Chacun d'eux a adressé ses condoléances à la famille de Michel Daerden et en particulier à ses enfants, Frédéric, Aurore et Elena, mais aussi à ses petites filles Charlotte et Clara, à son frère Jean-Louis et à son père Michel.