L’invitée politique de Bel RTL était ce lundi matin Emily Hoyos, coprésidente du parti Ecolo. Elle a répondu aux questions de Fabrice Grosfilley et a commenté l’actualité économique belge.

 

"C'est tout à fait irraisonnable et même puéril"

Fabrice Grosfilley: "Quand Pieter De Crem bloque un week-end en annonçant qu'on ne touchera pas au budget de la Défense, Il est raisonnable ou pas?"

Emily Hoyos: "C'est tout à fait irraisonnable et même puéril je dirais."

Fabrice Grosfilley: "Donc il a tort et il faut que le gouvernement lui fasse entendre raison…"

Emily Hoyos: "Et bien j'imagine que c'est ce qu'il va se passer."

 

"Si Dexia tombait en faillite, ce serait sans doute une catastrophe économique de plus"

Fabrice Grosfilley: "Si on devait liquider Dexia, ce serait une catastrophe pour l'économie belge ou pas?"

Emily Hoyos: "Effectivement, je pense qu'on a là une bad bank dont malheureusement on doit continuer de se soucier puisque si demain Dexia tombait en faillite, ce serait sans doute une catastrophe économique de plus. Mais on ne peut pas simplement se contenter de discuter recapitalisation..."

Fabrice Grosfilley: "5 à 7 milliards demandés..."

Emily Hoyos: "J'ai bien entendu. On doit d'une part renégocier la manière dont ces 5 ou 7 milliards seraient répartis entre la France et en Belgique. Mais on doit aussi réguler le secteur bancaire, je vous en parlais il y a un instant. Recapitaliser une banque sans réguler, c'est en fait faire Reset et on recommence. On relance la machine dans la même direction."

Fabrice Grosfilley: "Mais donc on peut sortir ces 5 à 7 milliards en plus des 4 milliards d'économies qu'on doit faire?"

Emily Hoyos: "Ce ne serait de toute façon pas 5 à 7 milliards pour la Belgique. C'est un effort à répartir. Mais je suis effectivement surprise que l'on en a peu parlé la semaine dernière. Cela semblait acquis que le gouvernement fédéral allait pouvoir comme cela du jour au lendemain trouver 2 ou 3 milliards supplémentaires alors qu'on peine à trouver quelques centaines de millions pour faire les investissements nécessaires et pour moderniser l’économie et éviter les drames comme ceux de Genk.

 

"Electrabel continue à faire des plantureux bénéfices sur les centrales nucléaires"

Fabrice Grosfilley: "Ecolo est dans l'opposition au Fédéral, donc vous ne participez pas aux discussions. Mais si on vous dit un tiers de réduction des dépenses, un tiers de nouvelles recettes et un tiers de mesures diverses, ce qui est théoriquement le cocktail prévu, vous êtes d'accord ou ce n'est pas la solution?"

Emily Hoyos: "Je pense qu'en tous les cas, il faut pouvoir travailler en recette et en dépense et que les recettes nouvelles, elles ne doivent pas simplement peser sur les Belges: vous et moi qui travaillons en Belgique. Mais ces recettes nouvelles, elles doivent aussi toucher ceux qui ont véritablement une capacité à aider la Belgique. Je pense par exemple à la rente nucléaire. Vous savez qu’aujourd'hui pendant que tout le monde se serre la ceinture Electrabel continue à faire des plantureux bénéfices sur les centrales nucléaires. J'ai entendu que dans ce contexte-là, le gouvernement fédéral entendait baisser la cotisation du secteur nucléaire au budget fédéral…"

Fabrice Grosfilley: "Et on passerait de 500 millions à 350 millions..."

Emily Hoyos: "C'est tout à fait scandaleux alors qu'il faut en tous les cas encore au moins un milliard de bénéfices et donc il faut que ceux qui font comme ça des plus-values puissent participer. Je pense aussi à...

Fabrice Grosfilley: "Mais ces 4 milliards, vous le trouvez où?"

Emily Hoyos: "Je citais la rente nucléaire, je pense qu'on devrait faire aussi une taxation sur les plus-values spéculatives. On sait pourquoi aujourd'hui on doit trouver 4 milliards. On doit trouver 4 milliards parce qu’à un moment donné des banquiers, des traders ont joué et ils ont perdu. Les états sont venus à leur rescousse et aujourd'hui les États sont endettés et donc il serait scandaleux que ce soit les contribuables belges qui doivent d'une certaine manière une nouvelle fois sauver les banques puisque pendant ce temps-là, on parle aussi de recapitaliser Dexia. Et donc il faut que ceux qui sont responsables de cette crise contribuent à la sortie de la crise".