Barbara Mertens: "Vous aviez préconisé de ne pas compter sur la N-VA, de s'en ficher presque pour essayer de faire un gouvernement pour remettre le pays sur  les rails?"

Mark Eyskens: "Mais j'avais l'intuition dès le début qu'avec la N-VA, il n'y avait pas moyen de former un gouvernement fédéral. Il y a au sein de la N-VA deux tendances qui sont toutes les deux séparatistes. Il y a les séparatistes passifs, genre Bart De Wever. Ce sont ceux qui disent que l'évolution européenne est telle que l'état national va se dissoudre et, finalement, il ne restera que les régions qui vont devenir indépendantes. C'est une vue de l'esprit à mon avis. Je ne vois pas la France, ni l'Angleterre, ni les Pays-Bas se dissoudre comme cela sans faire rire. Et puis il y a derrière lui les séparatistes actifs qui veulent aussi vite que possible comme en Catalogne, comme en Ecosse, éventuellement faire des référendums pour avoir des décisions du parlement flamand, décréter l'indépendance de la Flandre. Moi j'explique à longueur de semaines en Flandre que pour la Flandre ce serait une catastrophe."

"J'espère que la 6ème réforme de l'Etat sera la dernière"


Barbara Mertens: "La Flandre attend avec impatience ses nouvelles compétences?"

Mark Eyskens: "Impatience, c'est beaucoup dire. L'emploi, la crise économique, les risques financiers. Toutes les enquêtes prouvent que le communautaire vient à la 5ème, 6ème, 7ème place. Mais enfin, il faut que nos structures fonctionnent convenablement. Aujourd'hui, il y a un manque de responsabilité au niveau du régional et donc il faut en effet réformer l'Etat et mettre tout cela au point. J'espère que la 6ème réforme de l'Etat sera la dernière. On ne peut pas continuer à réformer l'état belge."