Les sénateurs de la commission ont adopté la résolution sur base de l'étude scientifique "La Belgique docile" publiée en février 2007 par le Centre d'études et de documentation guerre et sociétés contemporaines (Ceges). Un rapport accablant dénonçant l'attitude de l'Etat belge dans la persécution et la déportation des Juifs.  Les sénateurs ont souligné que leur intention n'avait jamais été de minimiser la portée de cette responsabilité, une version antérieure de la résolution, évoquant largement le rôle "d'autorités belges" dans leurs relations avec l'occupant, ayant été mal reçue par la Communauté juive.

Commentant la version ultime ressortie de leurs travaux, les sénateurs ont une nouvelle fois renvoyé au discours du Premier ministre Elio Di Rupo à la caserne Dossin qui avait épinglé le rôle de certaines autorités et à travers elles la responsabilité de l'Etat belge. La résolution du Sénat va également dans ce sens. Il n'y a pas d'ambiguïté possible, ont indiqué les sénateurs.
 

Un débat sémantique pour déterminer le coupable

Fin 2011, une proposition avait été redéposée par Philippe Mahoux (PS) et consorts (MR, CD&V, SP.A, Ecolo-Groen!) pour reconnaître la responsabilité "des autorités belges". Un amendement a été proposé par le sénateur cdH Francis Delpérée qui voulait remplacer les mots "des autorités" par "d'autorités". Mais plusieurs membres de la communauté juive se sont offusqués de cette modification, estimant qu'elle visait à atténuer la portée de la responsabilité.

Ce jeudi matin, Philippe Mahoux & consorts ont ajouté un nouvel amendement pour proposer "Etat belge" au lieu "des autorités". Elio Di Rupo, Premier ministre, avait déjà utilisé en parlant de l'"Etat belge qui avait adopté une attitude beaucoup trop docile". C'était dans son discours du 9 septembre dernier à la caserne de Dossin.