Le cardinal Danneels, qui va bientôt céder sa place à la tête de l'église catholique de Belgique, prône en faveur de plus de radicalité. Mais cette radicalité n'est pas celle des cercles rigoristes du Vatican, qui militent pour la nomination d'un nouveau primat plus intransigeant que lui, mais celle d'un retour "à la simplicité, à la transparence, à l'Evangile: le prédicateur ne peut prêcher la radicalité que s'il est radical lui-même", a-t-il confié dans un entretien accordé au journal le Soir.

 

"La curie romaine, ce n'est pas l'Eglise"

Sur l'impact de l'Eglise et des autorités de celle-ci sur les croyants, le cardinal estime par ailleurs qu'"au lieu de se préoccuper presque toujours de questions de morale, c'est de foi que nous devons parler", mettant en exergue la nécessité d'"oser dire des vérités parfois dures à entendre".

Pour lui, la curie romaine (le gouvernement du Vatican) est un "appareil administratif, indispensable certes, mais ce n'est pas l'Eglise".

 

"Plus le moyens d'imposer notre point de vue"

Au terme de l'entretien, le cardinal est revenu avec un leitmotiv souvent répété par sa propre personne, comme quoi "la société évolue. L'Eglise doit s'en rendre compte. Elle peut faire connaître son point de vue, mais n'a plus les moyens de l'imposer".

L'homme a finalement conclu par une métaphore amusante, soulignant que "nous sommes réduits au rôle du prophète qui crie mais qui n'est pas toujours entendu".

 

Les conservateurs dénigrent Danneels

Une campagne de dénigrement est en cours contre le cardinal Godfried Danneels. Selon des proches du Vatican, les ultraconservateurs tentent le tout pour le tout afin qu'il ne reste qu'un seul candidat à la succession du cardinal Danneels à la tête de l'Eglise catholique de Belgique, à savoir l'évêque de Namur, André-Mutien Léonard, qui pourrait "remettre de l'ordre".
 
Dans le journal italien Il Foglio, la spécialiste des questions religieuses Paola Rodari estime que "Danneels laisse, après 30 ans, une pagaille. Les églises belges sont vides et sous son 'règne', des lois anti-chrétiennes ont été votées". Le blog "Osservatore Vaticano" le décrit même comme le "fossoyeur de l'Eglise belge".

"Dans les cercles conservateurs, on critique depuis longtemps la politique de Danneels, mais désormais, les choses ont pris de l'ampleur dans l'espoir de ne pas voir un deuxième Danneels", réagit le professeur Rik Torfs. "Je ne crois cependant pas que le travail de lobbying se passe via internet ou les journaux. Et je ne pense pas que Monseigneur Léonard soit derrière tout ça".