La pénurie d'agents de police censés emmener les détenus en salles d'audience ulcère les magistrats. Ils ne pouvaient cacher leur colère et leur découragement face à une situation qui leur échappe depuis longtemps. Incapables de juger des prévenus détenus pour des faits graves, ils se résignent à se tourner les pouces. La situation n'est pas nouvelle, mais, depuis quelques semaines, elle a pris une tournure toute particulière.


Les matchs de foot monopolisent les effectifs de police

"Hier encore, il n'y avait pas de policiers car ils étaient tous réquisitionnés pour un match de football", dit une magistrate de la cour d'appel. "Chaque fois qu'il y a du football ou un sommet européen, nous n'avons plus de policiers", renchérit un autre magistrat.


Des procès de pédophiles reportés pour la 5e fois

La 12e chambre de la cour d'appel n'a ainsi pu juger vendredi, en début de matinée, trois affaires avec détenu. Pour un de ceux-ci, poursuivi pour faits de pédophilie, c'était la quatrième ou cinquième fois qu'il était transféré depuis octobre au Palais de Justice et qu'il ne pouvait y être jugé. "Le problème est récurrent depuis plusieurs années. Mais, depuis quelques semaines, c'est la catastrophe", dit le magistrat.


"Un jour, il y aura des faits très graves dans ce palais"

On demande qu'il y ait davantage de policiers dans la rue pour arrêter les délinquants, mais on n'est pas capable de les juger car il n'y a pas de policiers dans le Palais de Justice, ajoute-t-on. La magistrate relève qu'il y a par ailleurs trop peu de policiers dans les salles d'audience pour y gérer la sécurité quand des prévenus, ou leurs "supporters" venus assister à leur procès, se montrent agressifs. "Un jour, il y aura des faits très graves dans ce palais", craint-elle.