L’ASBL « Insoumise et Dévoilée » a mis en service le 1er juin le numéro gratuit 0800/23.243, valable dans toute la Belgique. Objectif: venir en aide aux victimes de mariages forcés et de violences intrafamiliales liées à des traditions qualifiées d’archaïques. Ce jeudi aura lieu la présentation à la presse carolo du dispositif, après Bruxelles.
Si ce numéro vert est lancé en cette période de l’année, ce n’est clairement pas un hasard. Souvent, les mariages forcés sont pratiqués pendant les grandes vacances, lors d’un retour au pays d’origine des parents. Le projet de l’ASBL est, à terme, d’élargir le champ d’action de ce numéro vert pour en faire un numéro européen. Au téléphone, les victimes trouveront de l'aide pour se sortir de l'emprise familiale et redémarrer une vie libre.
L'histoire courageuse de Laïla
Laïla, une jeune fille belgo-marocaine, a vécu cette expérience traumatisante. Elle a connu des violences et des séquestrations perpétrées par ses frères mais aussi ses sœurs et sa propre mère. « Ils ont levé le couteau plusieurs fois sur moi pour me tuer. Et quand j’allais au Maroc, on me confisquait mes papiers. On me confisquait tout pour que je ne puisse pas contacter des gens », témoignait-elle ce matin sur Bel RTL. Lors d’un de ces voyages, sa famille l’a obligée à rester au Maroc pour y épouser un homme qu’on lui a imposé. C’est là que Laïla a trouvé la force de s’enfuir… par nécessité. Pour elle, c’était une question de vie ou de mort. « On m’a séquestrée pendant un mois et demi. C’était le mois de ramadan. J’ai dû porter le voile comme obligation et respecter tous leurs choix. Une fois que j’ai retrouvé mes papiers après un mois et demi, j’ai pris un billet en cachette, j’ai pris tout en cachette et je suis revenue en Belgique. (…) Si je restais au Maroc j’allais crever. J’allais perdre des années, sans étude, sans rien faire. Peut-être que j’allais me suicider si j’étais restée là-bas. Ce n’est pas ma place. »
"Il faut avoir le courage de partir de la maison"
Aujourd’hui, grâce à son courage et à l’ASBL « Insoumise et Dévoilée » qui l’accueille depuis 8 mois maintenant, Laïla a retrouvé la liberté dans son pays, la Belgique, et veut plus que jamais réaliser son rêve. Elle voudrait devenir policière. « J’ai envie de leur montrer que je suis capable. Même sans eux je vais réussir ma vie et garder la tête haute. »
Laïla a tenu à passer un message à toutes les victimes de mariages forcés ou de crimes d’honneur. « Je voudrais dire à tout le monde que je n’ai pas envie qu’ils passent par où je suis passée. Je n’ai pas envie qu’elles soient maltraitées, violentées et tout ce qui s’ensuit. Je leur conseille un truc : si ça ne va pas, qu’elles fassent appel à des gens qui peuvent les aider. Il faut avoir le courage de partir de la maison. Il faut qu’elles suivent leurs études parce que c’est ça leur avenir. »











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