Si les droits syndicaux fondamentaux sont garantis en Belgique, il n'en demeure pas moins "certaines inquiétudes", notamment à propos de l'utilisation par les employeurs du recours en urgence devant la justice pour casser les piquets de grève, peut-on lire dans le Rapport annuel des violations des droits syndicaux de la Confédération syndicale internationale (CSI).

 

Pas de temps pour plaider sa cause

En cas de grève et plutôt que d'engager des négociations avec les syndicats, les employeurs "introduisent des requêtes dites unilatérales, ce qui implique que les décisions de justice sont prises sans laisser le temps aux travailleurs/euses de plaider leur cause", regrette la CSI, ajoutant que les recours en justice contre ces décisions sont "souvent vains".

 

Plainte déposée contre ces dérives

"Ces dérives qui violent le droit de grève font l'objet d'une plainte introduite auprès du Comité européen des droits sociaux par la Confédération européenne des syndicats (CES) et les trois centrales nationales, l'ACLVB-CGSLB, la CSC-ACV et la FGTB-ABVV", rappelle le rapport.

 

Licenciement des représentants du personnel

La CSI relève aussi la possibilité pour les employeurs de licencier des représentants du personnel en leur payant des indemnités. Le représentant peut en effet normalement exiger sa réintégration dans l'entreprise si la procédure spéciale prévue pour le licenciement des militants n'est pas suivie. "Cependant, dans la pratique, les représentants des travailleurs ne sont jamais réintégrés", dénonce la CSI. "Les employeurs préfèrent verser les indemnités prévues dans la loi, plutôt que de respecter la procédure spéciale ou de réintégrer les représentants du personnel licenciés abusivement."

 

Selon le rapport 2010 de la CSI, qui couvre 143 pays, 90 personnes ont été tuées dans le monde l'année dernière pour avoir participé à des activités syndicales et 75 autres ont fait l'objet de menaces de mort. La confédération a aussi dénombré 2.500 détentions et 5.000 licenciements de syndicalistes.