Les syndicats socialiste, chrétien et libéral se sont montrés satisfaits du suivi du mot d'ordre et exigent une reprise rapide des négociations. Rassemblés au Rond-Point Schuman, au coeur du quartier européen de Bruxelles, les leaders des trois grandes familles syndicales belges ont symboliquement présenté, lundi midi, la première euro-obligation. Les syndicats voulaient par ce message faire comprendre à l'Europe qu'il existe des alternatives à l'austérité.

Le premier ministre Elio Di Rupo a estimé pour sa part qu'il était important de préserver la concertation sociale entre employeurs et employés. "Le gouvernement soutient cela", a-t-il dit lors de son arrivée au siège du conseil européen à Bruxelles où se tient un sommet européen extraordinaire. Quelque 200 militants de la CSC de Mons-La Louvière ont manifesté lundi devant le domicile montois d'Elio Di Rupo, en l'absence donc du premier ministre.

 

La situation sur les routes

Le secteur public et en particulier les transports publics a, de manière générale, suivi l'appel à la grève. Sur le rail, le trafic national est complètement interrompu depuis dimanche soir. Idem pour les trains internationaux Thalys ainsi que pour les Eurostar vers et au départ de Bruxelles. A Bruxelles, jour de Sommet européen, aucun tramway, bus ni métro de la STIB ne roule. En Wallonie, la situation peut varier d'un TEC à l'autre mais dans l'ensemble, on évoque un "quasi arrêt" des transports publics wallons. Au nord du pays, le réseau De Lijn est également très perturbé, aucun tramway ne circulant par exemple à Gand.

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Aéroport de Bruxelles OK, Charleroi KO

Si les contrôleurs aériens n'ont pas fait grève, l'aéroport de Charleroi a été contraint de fermer ses portes. L'aéroport de Bruxelles a pour sa part continué à tourner, même si plusieurs vols ont dû être annulés.

bpost a été touchée différemment en fonction des régions. Pratiquement aucun courrier n'a pu être distribué dans une grande partie du sud du pays, en raison de l'arrêt des deux centres de tri wallons, à Charleroi et Liège. Sur l'ensemble du pays, 75% des tournées ont été assurées et 94% des journaux ont été livrés lundi matin tandis que 89% des bureaux de poste ont ouvert leurs portes.

Dans tout le royaume, les écoles n'ont pas été épargnées par la grève. Le mouvement semble avoir été bien suivi par les enseignants, particulièrement dans les villes et dans l'enseignement primaire et secondaire.

 

Flandre vs. Wallonie

Selon la FEB, outre le secteur public, c'est surtout l'industrie lourde qui a été touchée. "L'on note toutefois une grande différence entre la Flandre et la Wallonie, où l'impact de la grève a été le plus important. Pour le secteur tertiaire en revanche, l'impact a été peu important ou nul", constate la Fédération des Entreprises de Belgique, après avoir consulté ses différents secteurs.

Les entreprises flamandes disent avoir subi peu de perturbations. Selon l'organisation patronale flamande Voka, dans 75% des entreprises interrogées, aucun travailleur ne faisait grève. Et pour 94% des entreprises de Flandre, l'accès n'était pas entravé. Même son de cloche du syndicat neutre pour indépendants. Des sources syndicales rapportent toutefois que de nombreuses grandes entreprises du nord du pays sont à l'arrêt.

Selon Comeos, la fédération du commerce, 10% des magasins étaient fermés lundi matin au nord du pays contre 30% en Wallonie. Certaines grandes surfaces dont les portes étaient closes en matinée ont rouvert au cours de l'après-midi.