Selon une étude, 1.975 petites filles courent le risque d'être excisées en Belgique. De même, près de 6.260 femmes excisées habitent notre pays. Des chiffres qui sont en hausse. Cette augmentation s'explique par l'immigration ces dernières années de nombreuses femmes issues de pays où les mutilations génitales sont pratiquées. 80 % des femmes victimes de mutilations génitales qui vivent en Belgique sont originaires des mêmes 10 pays africains dont la Guinée, la Somalie, l'Egypte, le Nigeria et la Côte d'Ivoire.
Des victimes plus nombreuses
"Des rumeurs font état de la présence d'exciseuses à Anvers et Ostende, mais nous n'avons aucune certitude", précise Djenabou Koné, présidente de l'ASBL Femmes Africaines à Couillet, dans le Soir. A l'âge de 9 ans, cette Sénégalaise a elle-même été victime de cette tradition. La problématique est particulièrement aiguë en Flandre où 3.550 petites filles et femmes sont excisées ou courent le risque de l'être. Bruxelles et la Région wallonne suivent avec respectivement 3.037 et 1.648 victimes.
La réalité sur le terrain dramatique
Des progrès nombreux ont été enregistrés ces dernières années mais la réalité sur le terrain reste dramatique, soulignent les associations qui demandent que tous les professionnels qui entrent en contact avec les victimes soient correctement formés en matière de prévention et d'accueil. A côté de cela, les différents niveaux de pouvoir doivent s'accorder sur des directives multisectorielles et désigner au sein de chaque secteur concerné des personnes de référence.
Une collaboration avec les acteurs religieux
La prévention et la prise en charge médico-sociale des femmes déjà excisées se sont améliorées, au cours des dernières années. Certaines personnes en appellent à une plus grande implication des acteurs religieux. "L'implication constructive, critique et réelle des organisations musulmanes actives sur le terrain s'impose", confie Malika Hamidi, doctorante à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (Ehess) à Paris et directrice générale de l'European Muslim Network (EMN) à Bruxelles. "Il est du devoir des gouvernements européens et des ONG d'impliquer les acteurs religieux, tant sur le plan politique qu'au niveau des actions à mener sur le terrain, et de sensibiliser, ensemble, les populations à risque avec des spécialistes en médecine pour expliquer les conséquences nuisibles de cette tradition", a-t-elle estimé dans le quotidien bruxellois.
Le combat contre l'excision continue
L'association Femmes Africaines, créée en 2008, sensibilise les populations à risque. "Nous avons ouvert 215 dossiers depuis un an. Et il faut y ajouter au moins autant de cas qui requièrent l'anonymat", explique Djenabou Koné.












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