Depuis une semaine, des fonctionnaires de police travaillant à la Direction générale de l'appui et de la gestion sont sollicités via le site internet interne de la police. Ils sont appelés à donner leur avis sur une série de questions ou d'affirmations qu'ils doivent approuver ou non. Le problème est que les thèmes abordés sont d'ordre privé et que l'anonymat n'est pas garanti.

 

Politique, immigration, misogynie

Les sujets retrouvés dans le questionnaire concernent notamment les orientations politiques des policiers interrogés. Ils sont, par exemple, invités à se situer sur une échelle politique s'étalant de 1 à 10, 1 représentant la gauche, et 10,  la droite. Certaines questions tentent également de connaître l'avis des fonctionnaires de polices par rapport à l'immigration. Ils doivent répondre à l'affirmation "les migrants viennent profiter des allocations dans notre pays". D'autres sont à connotation misogyne: "S'il n'y a pas suffisamment d'emplois disponibles, les hommes doivent avoir davantage droit à un travail que les femmes".

 

L'anonymat sera-t-il respecté?

La grande crainte des syndicats est que l'anonymat ne soit pas respecté. Pour remplir le questionnaire, les employés doivent s'enregistrer en ligne.  Cela les inquiète d'autant plus que leur fonction impose un devoir de neutralité. "On ne peut pas exprimer de manière publique nos attachements politiques, philosophiques et religieux. On doit rester neutre. C'est une obligation de fonction. Donc ici, assez bizarrement, ces questionnaires nous poussent à nous dévoiler", a déclaré Vincent Gilles, président national du SLFP Police au micro d'Amélie Schildt pour RTL TVI.

 

Il aurait suffi d'une concertation

Le Syndicat Libre de la Fonction Publique Police avait souhaité obtenir un droit de regard sur le questionnaire avant que ce dernier ne soit rempli par les employés. "L'autorité administrative s'était engagée à nous soumettre le questionnaire avant de le diffuser ce qui nous aurait probablement permis de cercler certaines questions en disant qu'elles n'étaient pas nécessairement opportunes ou adéquates", a déploré Vincent Gilles.

 

La direction tempère

La direction de la police fédérale a réagi à la polémique. Elle tient à rassurer sur le point de l'anonymat. Elle assure aussi que suite aux nombreuses réactions suscitées par le texte, les questions sujettes à controverses seront écartées des analyses finales.