Les entérobactéries, qui incluent également les bactéries CPE, se trouvent naturellement dans l'intestin. Elles sont chargées de l'équilibre de la flore intestinale et de la production de certaines vitamines. "Etre porteurs de bactéries CPE n'est pas en soi dangereux pour les personnes en bonne santé", précise Beatrice Jans de l'Institut Scientifique de Santé Publique. "Un porteur de CPE ne présente aucun symptôme et, généralement, il ne sait même pas qu'il porte la CPE. Le plus souvent, cela disparaît spontanément après plusieurs mois."

 

"Pas une nouvelle..."

"Ce n'est pas une nouvelle bactérie. On vit avec depuis très longtemps. Ce qu'il y a de nouveau, c'est qu'elle sécrète un enzyme qui fait que certains antibiotiques ne fonctionnent plus", a ajouté Béatrice Jans. "Ce qui est inquiétant, finalement, c'est le fait qu'elle est devenue très résistante", a-t-elle ajouté.

Pour éviter qu'elle ne se propage, le personnel hospitalier prend donc un maximum de mesures d'hygiène. "Les hôpitaux sont très alertes. Pour chaque cas qu'ils détectent (...), la personne est mise en isolement, donc dans une chambre seule et le personnel porte des gants, tablier, masque, etc. Et bien sûr respecter l'hygiène des mains est très important pour éviter la transmission de ce germe vers d'autres patients".

 

Risques pour les personnes de faible santé

Les bactéries CPE peuvent poser un problème chez les personnes de faible santé, en raison des infections qu'elles peuvent contracter (par exemple des voies urinaires ou respiratoires). La plupart des infections surviennent donc dans les services où l'état des patients nécessite de nombreux soins.

 

Un problème hors Europe

Les CPE ont d'abord été un problème dans les pays hors d'Europe, comme l'Inde et le Pakistan. Jusqu'il y a peu, les CPE n'étaient rencontrées que sporadiquement en Belgique, chaque fois chez des patients qui étaient transférés depuis un hôpital d'un pays à risque.

Plus de cas ont déjà été recensés en 2012 que sur toute l'année 2011. En Flandre, plusieurs cas ont été rapportés dans deux hôpitaux ces derniers mois. La situation est endiguée à Anvers et, en Flandre orientale et tout est mis en oeuvre pour empêcher la future transmission, notamment en soignant les patients infectés en isolement, indique le Dr Dirk Wildemeersch de l'agence flamande de la Santé.