En un an, le nombre de passeurs de drogue interceptés au sein de l’aéroport de Bruxelles a presque doublé. Ces touristes, qui font le pari risqué de passer de la drogue, dissimulée sur eux ou « en » eux, sont surnommés les « mules ». Ils ne viennent que pour conclure des affaires illicites. Avant le départ, ils ont ingurgité de petites boulettes de drogue entourées de plastique. « Ce sont des gens pratiquement tous défavorisés qui sont recrutés dans les rues dans leur pays d’origine, en Amérique latine. Pour 20.000 ou 30.000 euros, ils font le trafic des stupéfiants », assure Frederik Verspeelt, directeur de la police judiciaire fédérale de l’aéroport de Bruxelles, au micro de Vanessa Costanzo. Si les trafiquants les payent si cher, c’est que chaque personne transporte à elle seule entre 150.000 et 300.000 euros de drogue.

 

Un scanner révélateur 

Chaque année, la police arrête une cinquantaine de mules à Brussels Airport. Toutes n’avouent pas leur méfait. Elles sont alors emmenées à l’hôpital où elles subissent un scanner. Une façon pour les enquêteurs d’obtenir des réponses face au mutisme des passeurs. « Ce scanner montre qu’il y a notamment de nombreux corps étrangers dans les intestins que l’on voit dans ce cas-ci sous forme de petites structures cylindriques blanches réparties sur l’ensemble du colon. Dans ce cas-ci, il y en a plusieurs dizaines et en général il y en a au moins une vingtaine », explique Stéphane Alard, chef du service de radiologie au CHU Saint-Pierre.    

 

Un risque de surdose à tout moment 

Ces énormes quantités de drogue dépassent largement celle tolérée par l’organisme. Lorsque le plastique des boulettes se déchire, l’overdose est dès lors presque inévitable. Leur évacuation peut prendre plusieurs jours soit à l’hôpital, soit à la prison. « Généralement, ces patients ont effectivement pris un traitement qui va ralentir le transit intestinal afin de garder le plus longtemps possible la quantité de drogue dans leur intestin. Donc, la première chose à l’hôpital après s’être assuré qu’il n’y ait pas de complication, doit être de relancer un transit intestinal tout à fait classique par l’administration de laxatifs », indique Olivier Lheureux, médecine interne au CHU Saint-Pierre.

 

Jusqu'à deux ans de prison 

Comme passeur, une mule risque jusqu’à deux ans de prison. Elle ne représente qu’une petite partie du trafic. La drogue est également transportée dans des bagages ou par bateau. Ces transports sont mis en place par des organisations bien plus importantes que la police tente de démanteler.