Le nombre de fonctionnaires a baissé l'an dernier en Belgique, après une hausse ininterrompue depuis 1997. On constate donc une diminution entre 2010 et 2011 d'après les chiffres de l'institut des comptes nationaux, repris dans le journal 'Le Soir' d'aujourd'hui. Pourtant, pas question de dégoût pour ces fonctions, même si les clichés ont la vie dure. "Ils travaillent très peu et gagnent beaucoup", entend-on souvent. Ou encore: "Ils sont trop souvent malades, ou en congé". Pourtant, la fonction publique, ce n'est plus ce que c'était. Et ce genre de stéréotype, ça agace. "C'est complètement faux et si un jour quelqu'un veut venir prendre ma place pendant une journée, je l'invite pour qu'il puisse voir s'il ne sera pas plus fatigué que dans le privé", a déclaré Anouck Flon, fonctionnaire au Service Public Fédéral depuis un an.

Quoi qu'il en soit, grâce ou en dépit de ces clichés, la fonction publique attire toujours autant. Pour le premier quadrimestre de 2012, près de 53.000 candidats ont tenté leur chance. C'est près de 25% de plus que l'année passée. Mais comme indiqué ci-dessus, ils étaient moins nombreux en 2011 qu'en 2010.

 

Pourquoi?

Ce coup d'arrêt s'explique par les différents plans de réforme de la fonction publique et le vieillissement de la population. Deux phénomènes combinés qui ont fait baisser de 2.000 unités le nombre de fonctionnaires entre 2010 et 2011. Ces chiffres ne tiennent compte que des administrations au sens strict. Si l'on y ajoute l'enseignement et les services comme l'audiovisuel et les transports, le nombre de fonctionnaires ne diminue pas, mais stagne: 841.000 agents, soit le même nombre qu'en 2010.

 

Phénomène de vieillissement

Les différentes réformes entreprises par les gouvernements précédents prévoient le remplacement sélectif des fonctionnaires: ainsi, aux Finances, sur 5 départs, seuls 3 sont remplacés. Des non-remplacements, auxquels s'ajoute le phénomène de vieillissement: les effets se font sentir désormais aujourd'hui.

 

Baisse difficile désormais

Une situation dénoncée par la CSC services publics:  elle parle de "catastrophe annoncée." Le syndicat n'hésite pas à qualifier de "désert" certains services des finances, comme la TVA. Là, le vieillissement a fait son oeuvre, et il faut parfois plusieurs années pour remplacer un fonctionnaire expérimenté, proche de la retraite. Les gouvernements vont-ils poursuivre, pour  autant, le dégraissage? Pour la conséquence, il faut aujourd'hui des recrutements ciblés. Quant au secrétaire d'Etat à la fonction publique, Hendrik Bogaert, il l'a confié: il sera difficile de faire baisser encore le nombre de fonctionnaires sous cette législature.