"Le décès de ce type de patient ne constitue pas automatiquement un risque", a expliqué Karina De Beule, porte-parole de l'AFCN, lundi. "Mais ça peut le devenir si les mesures de précaution ne sont pas suivies." La fréquence de ces décès potentiellement problématiques est estimée à une moyenne d'un cas tous les deux jours en Belgique, d'après une étude de l'AFCN en collaboration avec le crématorium de Lochristi. Le recours aux substances radioactives, de plus en plus fréquent, a prouvé son efficacité dans de nombreux domaines médicaux et s'est érigé en une valeur sûre de l'arsenal médical, d'après l'AFCN.
Deux types d'application thérapeutique
Deux types d'application thérapeutique utilisent l'administration de substances radioactives aux patients: le traitement par médicaments radioactifs et l'implantation permanente de petites sources radioactives, principalement dans le cadre du traitement du cancer de la prostate. "Ces procédés enregistrent de nets progrès ces dernières années", précise Karina De Beule. "Il est désormais possible d'utiliser des doses de plus en plus importantes et précises. Certains patients doivent dès lors rester quelques heures, voire quelques jours à l'hôpital, pour éviter la contamination de personnes ou de l'environnement. Les hôpitaux ont des installations spécifiques, comme des toilettes séparées par exemple."
Précautions et instructions à prendre
Lorsque le patient quitte l'hôpital, il reçoit une lettre de sortie adressée au médecin traitant ou au spécialiste. Mais également une liste de précautions à prendre et des instructions sur les risques potentiels d'un décès pendant une période de précaution spécifique. Car sa dépouille peut rester radioactive. "Cela dépend du traitement", précise Karina De Beule. "Certaines personnes ne présentent plus de risque après seulement quelques jours. Mais il est en effet possible qu'un patient décède et reste radioactif pendant plusieurs semaines. C'est au cas par cas, en fonction du traitement administré." Ces traitements de médecine nucléaire ne sont d'ailleurs réservés qu'aux patients dont l'espérance de vie est suffisamment longue.
Pas de problème pour l'inhumation
En vertu de l'arrêté royal du 17 juin 1999, le médecin qui constate la mort d'une personne qui a subi un traitement de médecine nucléaire doit le mentionner sur l'acte de décès. "Toute une chaîne se met alors en marche", ajoute la porte-parole de l'AFCN. "L'acte de décès parvient à l'état civil, et l'inspecteur d'hygiène fédéral consulte l'AFCN pour obtenir un avis spécialisé. Tout le monde sera mis au courant." Un avis du Conseil supérieur d'Hygiène publique autorise, "sans la moindre réserve", l'inhumation et la crémation des patients porteurs de sources radioactives thérapeutiques. "Il n'y a aucune problème pour l'inhumation", confirme Karina De Beule. "En ce qui concerne la crémation, l'AFCN n'a pas constaté de problèmes, tant que le personnel respecte les mesures d'hygiène prévues par son travail, comme se laver les mains ou ne pas rester trop longtemps à proximité du corps."
L'AFCN souhaite la notification systématique des décès potentiellement problématiques, pour protéger la population, surtout les jeunes enfants et les femmes enceintes, particulièrement à risque.













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