Le réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Doel est à l'arrêt depuis juin. Lors d'un contrôle, un possible défaut à la cuve du réacteur a été constaté. L'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a demandé une enquête supplémentaire et a fait fermer le réacteur par mesure de précaution. Selon un courriel interne de l'AFCN, des analyses, des évaluations, des avis seront demandés, ce qui prendra du temps. Une décision définitive sera ensuite prise. L'AFCN dit vouloir une approche très stricte et n'acceptera qu'on poursuivre l'exploitation que s'il n'y a aucun risque. Elle ajoute que "dans l'état actuel du dossier on ne peut pas exclure que Doel 3 ne soit plus remis en route".

 

Déjà des fissures?

"Si on garde le réacteur à l’arrêt, ça montre bien qu’on le prend très au sérieux. Maintenant, si il forme vraiment un risque, ça c’est une autre question, et c’est la phase dans laquelle on se trouve aujourd’hui. On a demandé à Electrabel de vérifier si ces anomalies peuvent devenir des fissures, ou peut-être qu’il y a déjà des fissures ici et là", explique Karina De Beule de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire, au micro de notre journaliste Eric Van Duyse.

 

Une cuve néerlandaise à la base du problème

La base du problème viendrait de défauts à la cuve livrée par l'entreprise néerlandaise Rotterdam Drydocks en 1982, qui n'est plus active. "On peut supposer qu’on a du travail pour quelques mois, pour analyser tous les résultats qu’on va trouver avec les nouvelles inspections qui ont été réalisées", explique Lut Vande Velde, porte-parole d’Electrabel, au micro de notre journaliste.

 

Tihange 2 aussi

On évoque 21 réacteurs nucléaires à travers le monde équipés de ce type de cuve. L’enquête se mène déormais au niveau international, entre agences de régulation. Mais la plus proche de ces autres productions néerlandaises se trouve chez nous. Il s'agit de Tihange 2, qui sera à l’arrêt des la semaine prochaine

 

Problèmes d'une gravité extrême, soulignent Groen et Ecolo

Les problèmes liés à la cuve d'un réacteur sont d'une gravité extrême vu le rôle de protection joué par cette cuve par rapport à l'environnement extérieur et les dangers du combustible nucléaire. C'est d'ailleurs l'avis de l'AFCN, soulignent dans un communiqué commun les députés Ecolo et Groen Muriel Gerkens et Kristof Calvo. "Le fait de déceler seulement aujourd'hui des problèmes dans la cuve de ce réacteur actif depuis 1982 souligne également l'absence d'une maîtrise absolue sur la technologie nucléaire alors que ses dangers sont bien connus", ajoutent-t-ils.