Le patron de la Sûreté, Alain Winants, explique qu'aujourd'hui, à côté du terrorisme violent, il y a le radicalisme latent, soit certains individus qui se radicalisent sous l'influence de certaines idées, "comme le salafisme", une interprétation "rigoriste de l'Islam" qui "prône le rejet des valeurs de l'Occident et le repli identitaire. Avec pour conséquence que ces personnes se mettent en marge de la société dont elles rejettent les valeurs". Pour Alain Winants, ce type de comportement peut conduire à une "bipolarisation". Cela va susciter "une réaction de l'extrême droite qui va y trouver un terreau pour combattre l'Islam en général (...) Et cette réaction de l'extrême droite peut engendrer une réaction de l'extrême gauche."    

 

C'est une minorité "agissante" et "dangereuse"

Le patron de la Sûreté de l'Etat estime que le salafisme est peut-être, sur la durée et le long terme, "plus dangereux qu'un attentat terroriste car c'est insidieux, cela mine les valeurs occidentales et fait en sorte qu'une partie de la population est incitée à se mettre en marge des valeurs occidentales de la société (...) Non seulement il nie les valeurs occidentales mais voit dans l'Occident une menace pour l'Islam, en tout cas quand des troupes occidentales vont dans des pays comme l'Irak." Et d'ajouter que si ce n'est qu'une petite minorité, c'est une minorité "agissante" et "dangereuse".    

Le patron de la Sûreté dénonce par ailleurs un manque criant de personnel au sein de ses services. "Le niveau d'alerte est atteint. Il faut être conscient que la sécurité a un prix et qu'il y a une limite sous laquelle on ne peut pas descendre. Cette limite, nous l'avons atteinte."