Bien qu'ils ne se trouvaient pas en phase terminale, deux frères de 45 ans, nés sourds et qui perdaient progressivement la vue depuis plusieurs années, ont été aidés à mourir en décembre dernier, rapportent samedi les médias flamands. Leur souffrance psychique insupportable et inapaisable était établie, selon leur médecin, le professeur Distelmans. Le médecin des frères euthanasiés a témoigné sur les derniers instants vécus: "Les deux frères jumeaux étaient très heureux. Ça leur a enlevé un poids énorme. Ils étaient contents. Ils étaient heureux d'avoir trouvé une date qui signifiait la fin de leur calvaire. Ils sont venus le 14 décembre à Jette d'une manière très simple. Ils ont encore bu une tasse de café et tout allait très bien. Ensuite, ils ont encore discuté avec des gens qui étaient là. La séparation avec les parents et le frère était très sereine. Ils leur ont encore fait des signes et puis c'était fini."
 

L'euthanasie ?

La Belgique a été le deuxième pays au monde, après les Pays-Bas, à légaliser l'euthanasie, le 28 mai 2002. Celle-ci est reconnue comme "un droit pour chaque malade à poser ses choix en termes de vie et de mort pour autant qu'il se trouve dans les conditions édictées par la loi". En l'occurrence, le patient doit être, au moment de sa demande, majeur (ou mineur anticipé), capable et conscient. La demande doit être formulée de manière volontaire, réfléchie et répétée, et ne faire l'objet d'aucune pression extérieure. Le patient doit se trouver dans une situation médicale sans issue, avec une souffrance physique et/ou psychique constante, insupportable et inapaisable. Enfin, l'état du patient doit résulter d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable.

 

Une version élargie de la loi en 2002

De son côté, le médecin n'est pas obligé de pratiquer l'euthanasie. Il revient donc au patient de trouver un médecin qui accède à sa demande. Dans le cas de deux frères, les médecins de l'UZ Brussel ont accepté leur demande de les laisser mourir le 14 décembre, en dépit du fait que ni l'un ni l'autre ne souffrait de maladie en phase terminale. Quelques jours après leur décès, le PS a présenté une modification de la loi de 2002 pour l'étendre aux mineurs et aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.  Au total, 1.133 personnes - surtout des malades d'un cancer en phase terminale - ont fait usage de la loi sur l'euthanasie pour abréger leurs souffrances en 2011, selon les derniers chiffres officiels. Un quart d'entre elles avaient plus de 80 ans.