Mme Zicot a épluché une quinzaine de manuels d'apprentissage de la lecture et de l'écriture de maison d'éditions belges. Elle a constaté une sur-représentation des garçons par rapport aux filles: 56% d'illustrations de garçons contre 23% de filles, qui sont le plus souvent représentées en retrait. Les manuels comprennent aussi davantage de prénoms masculins (61%) et une large majorité de héros hommes (87%).

 

Les garçons, des "courageux négligents", les filles, belles mais fragiles

L'étude révèle encore que les filles sont plus souvent mises en scène à l'intérieur et les garçons à l'extérieur. La mère est évoquée comme une figure de tendresse tandis que le père incarne l'autorité. Les garçons sont par ailleurs représentés comme forts et courageux mais négligents, les filles comme belles, sensibles mais fragiles. Les manuels "sont en décalage complet avec l'évolution socio-économique, culturelle et politique de la place des femmes dans la société actuelle", explique Marie-France Zicot. "C'est dangereux car le manuel scolaire n'est pas un média, ni un livre comme les autres. Il a un statut particulier dans l'éducation de l'enfant à l'école."