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Professeur de l'IHECS accusé de racisme et de sexisme: plus d'une centaine d'étudiants prennent sa défense dans une lettre ouverte

 

La conférence a eu lieu il y a deux mois mais la mise en ligne de son podcast il y a quelques jours a réveillé l'indignation des militants du "Collectif Mémoire Coloniale & Lutte contre les Discriminations" et de certains étudiants. Face à la polémique, plus d'une centaine d'étudiants ont adressé une lettre ouverte prenant la défense du professeur.

L'enseignant incriminé est Michel Demeuldre, ancien professeur de sociohistoire des musiques du monde de l'ULB. Il était venu parler de sa spécialité à l'IHECS, mais ses propos basés sur ses souvenirs avec son ancienne compagne, d'origine rwandaise, n'avaient pas grand-chose à voir avec le cours, Formes musicales.

Lorsqu'il a parlé de sa démarche, il a évoqué "l'élégance d'une génisse", suscitant les éclats de rire dans l'auditoire, comme on peut l'entendre sur le podcast diffusé par l'IHECS.

Mais les propos de Michel Demeuldre vont plus loin encore dans le sexisme et le racisme. "Du côté rwandais (…) et ça je trouve que ça devrait être inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO : la façon de faire jouir les femmes au Rwanda (…) vous devez titiller le clitoris, et pour que ça soit efficace, il faut bien tirer… les jeunes filles se tirent les lèvres pour que ça soit bien proéminent et facile à faire", explique-t-il à son auditoire, avant de conseiller aux étudiantes de s'exercer. Et c'est sans compter les imitations douteuses de l'accent africain pendant son discours. 


Un "récit personnel teinté d’un sexisme et d’un racisme"

Ce qui interpelle également, c'est qu'aujourd'hui, soit deux mois après la conférence, l'IHECS publie le podcast d'une part, mais d'autre part, que personne n'ait réagi le jour-même. Les propos de ce professeur auraient dû faire réagir l'esprit critique des étudiants et du professeur titulaire du cours.

Des étudiants militants du "Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations" ont tiré la sonnette d'alarme à la découverte du podcast. "À la question de savoir ce qui le motive à parler des musiques populaires auprès des jeunes, le professeur totalement hors sujet se perd dans une espèce de récit personnel teinté d’un sexisme et d’un racisme conscient ou inconscient patents", écrivent-ils dans un communiqué.


"Je ne suis pas ta négresse"

Le collectif marque ensuite les esprits en rappelant "la nécessité absolue de décoloniser les esprits au sein de notre société", terminant par les hashtags "Je ne suis pas ta négresse" et "I'm not your sextoy".

Avec le recul, du côté des étudiants, certain s'indignent aujourd'hui tandis que d'autres sortent le bon vieux discours de la liberté d'expression et de l'humour pour justifier ce qui s'est passé…

Devant la polémique, Michel Demeuldre, s'est excusé d'avoir été "maladroit". Il regrette que ses propos aient été "isolés et retirés de leur contexte, pour celles et ceux qui ne connaissent pas la culture de la cour de l’ancien royaume du Rwanda", a-t-il déclaré à Paris Match.


Plus d'une centaine d'étudiants prennent la défense du professeur dans une lettre ouverte

Plus d'une centaine d'étudiants ayant assisté à la conférence ont signé une lettre ouverte prenant la défense du professeur et envoyée notamment à notre rédaction. Ils évoquent un "media bashing". Voici la lettre. 

"Suite à la polémique grandissante concernant les propos tenus par le conférencier Michel Demeuldre lors de sa conférence dans le cadre du cours de « Formes Musicales » au sein de l’IHECS, certains étudiants de BLOC 2 ont souhaité réagir à ce flot médiatique rempli de stéréotypes et de généralisations.

Premièrement, nous estimons qu’un bref rappel du contexte est nécessaire :
Le débat a débuté lorsque certains étudiants ont écouté le podcast de la conférence, enregistrée il y a 2 mois et mise en ligne il y a quelques jours, afin d’aider les étudiants dans leur étude. Certains ont marqué leur indignation face aux propos de Mr. Demeuldre. S’en est suivi un débat sur notre groupe Facebook (qui, rappelons-le, est un groupe privé) quant à la nature de ces propos. Nous estimons que, pour des étudiants en communication, les débats représentent un procédé essentiel à notre formation et que ceux-ci nous aideront à être les communicateurs de demain.

Nous ne prétendons pas juger de la légalité de ces propos mais nous estimons que, même s’ils étaient déplacés, les propos tenus par Mr. Demeuldre n’incitaient ni à la haine, ni à la discrimination ou au sexisme. Nous concevons totalement que certaines personnes aient été choquées et/ou touchées par l’allure de ces propos (et le fait que nous signons cette lettre ne signifie pas que nous ne l’avons pas été), surtout une fois que ceux-ci aient été sortis de leur contexte. En effet, l’enregistrement audio ne permet pas d’appréhender la communication non-verbale qui accompagnait le discours. Nous tenons à relever qu’aucun membre du Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations (qui a rédigé la lettre ouverte à la base de la polémique) n’était présent lors de cette conférence et qu’ils n’ont donc pas pu attester de cette communication non-verbale.

Sans pour autant banaliser ses propos, nous estimons que le but de Mr. Demeuldre était de transmettre son expérience – certes, assez maladroitement - et non dénigrer une culture qu’il semble profondément respecter. Il est important de garder en tête qu’il existe une liberté de conscience et d’expression propre à chacun.

Ce que nous ne concevons pas, en tant que communicateurs, c’est le « media bashing » dont M. Demeuldre fait l’objet. Pour qu’un débat soit sain, il doit se faire dans un contexte d’ouverture d’esprit et de dialogue. Les avis des étudiants divergent quant à cette polémique, mais nous nous accordons tous sur une chose : Mr Demeuldre - ainsi que notre soi-disant absence de réaction - ne méritent pas une telle exposition dans les médias. En effet, cette exposition devient malsaine et erronée. Certains articles relayés dans la presse n’accordent aucune nuance au débat et entraînent des réactions virulentes par manque de précisions.
Nous regrettons l’ampleur que cette joute interne a pris tout autant que nous regrettons le fait qu’elle ait parfois entrainé des réactions et commentaires mal interprétés.

Nous pensons être en mesure d’admettre que la rapidité des nouveaux médias, tels que les réseaux sociaux, peut facilement engendrer de propos insultants, irréfléchis et diffamants. C’est la raison pour laquelle nous en appelons à votre réflexion, à votre recul, et votre bon sens afin de ne pas tomber dans la diffamation et les propos irrespectueux, et ce, même si vous estimez que les dires de Mr. Demeuldre ont été déplacés. Gardons à l’esprit que chacun a droit à la dignité et au respect, valeurs qui se perdent lors de tels scandales médiatiques.

Nous insistons sur le fait que cette lettre ouverte n’engage en aucun cas tous les étudiants de BLOC 2, Michel Demeuldre ou l'Institut des Hautes Études des Communications Sociales (IHECS)."

Charlotte H, Maxime V, Adèle M, Claire P, Maureen J, Eve D, Lola V, Eloise R, Walériane D, Charlotte VD, Elisa G, Coline V, Palma A, Igor B, Amélie V, Clélia D, Alexandre H, Marietta M, Marie C, Athina C, Juliette L, Lou J, Margaux M, Martin J, Julien dM, Alexia P, Jérémie D, Laura S, Amedeo C, Geoffrey H, Fleur H, Vladimir K, Halid B, Simon C, Nèle L, Katia D, Loryn B, Pol L, Anna V, Valentine L, Adrien O, Sarah F, Yasmine S, Gilles B, Luna GB, Laure M, Virginie G, Jerôme J, Thelma O, Céline C, Séverine R, Pauline L, Samy A, Annabelle M, Charlotte D, Elise M, Nicolas O, Romain M, Noémie H, Virginie G, Daphné T, Valentine I, Clément L, Camille L, Morgane D, Clément L, Marine L, Simon B, Mathilde B, Thomas H, Ambrine A, Charline H, Clara M, Taïna D, Aurèle L, Bilal A, Margaux Y, Chi V, Mathilde B, Maude H, Lana DC, Maud D, Céline L, Shana D, Mathéo D, Maria T, Natacha L, Laura L, Soukheina T, Héloïse B, Alicia B, Juliette M, Emilien S, Charlotte H, Marine H, Thais F, Mégane B, Laura M, Clara E, Chloé V, Julien G, Maëlle L, Aurélien D, Thomas E, James B, Rosalie S, Leila H, Donna D, Arno G, Clara D, Irene G, Lucas B, Lisa H, Ludovic M

 


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