Sans assainissement ni réformes structurelles supplémentaires, les dépenses de pension et de soins de santé augmenteront de 7,1 pc du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2060 tandis que les autres dépenses sociales ne se réduiraient que d'1,7 pc en 2060. L'effort à fournir pour équilibrer les finances publiques, en tenant compte du vieillissement, serait de 5 pc du PIB, soit 20 milliards d'euros selon la valeur actuelle du PIB, indique mardi "La Libre" qui cite des experts du Bureau du Plan.

Le 21 novembre, se tiendra à Charleroi le 20e Congrès des économistes de langue française. Des experts du Bureau du plan y présenteront une contribution sur la soutenabilité de la protection sociale en Belgique. Le vieillissement de la population est le premier défi que la protection sociale belge devra affronter dans les années à venir. En 2012, on comptait 3,7 actifs pour une personne de plus de 65 ans. En 2060, il n'y aura plus que 2,2 actifs pour un aîné. "A politique constante, le système s'avérera impayable", averti Christophe Joyeux, économiste au Bureau du plan.

 

Les propositions des experts

Les experts avancent plusieurs pistes qui prises isolément ne résoudront pas le problème: désendettement, réforme des pensions, hausse de la croissance et moindre liaison des allocations sociales au bien-être. Ils proposent, par exemple, non pas d'augmenter l'âge de la pension mais l'âge de l'accès à la retraite anticipée, dans l'esprit des réformes entreprises en 2011, en le portant à 62 ans et en portant la condition de carrière à 45 ans. Ils suggèrent aussi de diminuer, à partir de 2015, la revalorisation annuelle des prestations sociales à 0,5 pc pour les forfaits et à 0 pc pour les prestations non forfaitaires.