25 milliards... c'est le trou budget de la Belgique, qu'il faut combler au plus vite. "La Belgique est en faillite virtuelle. Tout comme la Fortis Banque l'était l'année dernière. Quand à un certain moment, le trou budgétaire est tel qu'il est difficile de le combler, on peut dire qu'on est dans une situation de faillite virtuelle", explique clairement Guy Vanhengel, le vice-premier ministre et ministre du budget. 

Ce n'est pas pour effrayer la population qu'il utilise le terme de faillite. "Il faut conscientiser les gens. Il y a un problème énorme dans ce pays. C'est pour ça qu'on utilise ce terme. Il faut que les politiques se rendent compte qu'il faut couper dans les dépenses, celles de l'Etat fédéral en premier lieu. Mais c'est un message global: tout le monde doit s'y mettre pour diminuer les dépenses publiques."

Le calcul est simple. Les dépenses dépassent largement les recettes depuis que la crise a touché la plupart des secteurs de l'économie. "On est à 180 milliards d'euros de dépenses pour tous le pouvoirs publics confondus. Déduction faite de tout ce qui doit être payé d'office (sécurité sociale, les Régions, les Communautés, les Communes…), il reste 33 milliards au Fédéral. Pour combler un trou budgétaire de 25 milliards: c'est pratiquement impossible."

 

Pour préserver les acquis

Pour le ministre, c'est d'abord "pour préserver les pensions, les soins de santé, etc… qui sont si chères à la Belgique, qu'il faut en revenir à une politique budgétaire plus saine". Tous les secteurs devront faire un effort: "Tous les départements fédéraux doivent montrer l'exemple. Des restrictions budgétaires sont possibles. Les ministres du Kern doivent faire passer le message lors de leurs négociations".

Les pressions viennent aussi de l'extérieur: "L'Europe nous envoie des lettres pour nous dire de faire attention au dérapage qui a lieu. Pour le 20 septembre, nous devons donner une réponse à l'Europe. Il faudra leur donner une feuille de route de notre programme pluriannuel pour revenir à l'équilibre."