Ce mardi matin, un nouveau conseil d’entreprise réunit syndicats et direction chez Carrefour, avec en toile de fond la reprise par Mestdagh d’une vingtaine de magasins. Pour le moment, rien ne filtre. Ni du côté de la direction de Carrefour, ni de Mestdagh. Les négociations entre patrons et syndicats sont en tout cas tendues. Selon Bel RTL, la direction de Carrefour exerce quotidiennement depuis 15 jours des pressions sur son personnel pour étouffer tout mouvement de grève. La menace est actuellement plus insidieuse, depuis que l’envoi d’huissier a été banni, après plusieurs batailles juridiques perdues par Carrefour. La direction ferait pression sur les chiffres. Les risques de perte liés à la grève sont envoyés chaque jour aux gérants des magasins.

 

Témoignage anonyme d'un gérant de magasin

L’un d’eux a témoigné de façon anonyme auprès d’Antonio Solimando pour Bel RTL. "La direction a fait tout ce qui est possible à la lumière, mais aussi dans l’ombre, pour que l’on assure entre guillemets une rentrée de chiffre d’affaire".

La direction irait jusqu’à inviter les cadres à dénoncer tout début de grève. "Toutes les informations que l’on pourrait pêcher à gauche ou à droite au niveau syndical, on nous demande de les faire remonter au niveau de la direction de façon à ce qu’elle puisse s’organiser pour contrecarrer les plans syndicaux".

 

Sanctions au moment de l'évaluation

Les cadres qui n’accepteraient pas de casser la grève seraient sanctionnés au moment de l’évaluation où de nombreux critères sont pris en considération. "Nos chiffres d’affaire, nos pertes, mais aussi certains points d’allégeance à la politique Carrefour comme de bons comportements liés à des avantages financiers. C’est clair que si on ne rentre pas dans le carcan bien prédéfini par Carrefour, je pense qu’il est inutile d’espérer des bonus".

Les syndicats dénoncent ce double-langage de part de la direction de Carrefour. Aux médias, elle a toujours affirmé comprendre ces mouvements de grève, liés à un choc social important. Mais, en coulisse, elle mènerait donc un tout autre discours.