Les fondamentaux de l'économie belge sont bons mais des mesures doivent être prises "sans délai" pour permettre à la Belgique de faire face aux défis macro-économiques qui se posent à elle, selon les conclusions préliminaires rendues lundi par les experts du FMI à l'issue d'une visite de 10 jours en Belgique.
Motifs de satisfaction
Comme chaque année, une équipe d'experts du FMI a ausculté l'économie belge au début du mois de décembre. Si l'année 2010 s'avère finalement meilleure que prévu pour l'économie belge, avec une croissance de l'ordre de 2%, supérieure à la moyenne de la zone euro, la croissance devrait quelque peu ralentir en 2011, à 1,7%. Autres motifs de satisfaction: l'emploi a légèrement augmenté en 2010 tandis que la dette publique a moins augmenté que prévu grâce à une meilleure tenue de l'économie et à une excellente gestion de la dette.
Les menaces
Certains risques menacent toutefois l'économie, avertit le FMI. La Belgique, toujours sans gouvernement fédéral de plein exercice, n'est pas à l'abri des turbulences sur les marchés financiers, en témoigne l'écart croissant entre les taux des obligations allemandes et belges. En outre, le système bancaire belge est très exposé à l'étranger. "Il est important ques les autorités prennent sans délai des mesures pour prévenir ces risques. Les fondamentaux de l'économie belges sont bons mais ils doivent être renforcés", a déclaré lundi le chef de la mission du FMI, Erik De Vrijer, estimant que "l'urgence de prendre des mesures est devenue plus grande".
"La Belgique n'est pas l'homme malade de l'Europe"
Questionné par un journaliste sur la sortie de Bart De Wever dans l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, l'économiste du FMI a indiqué ne pas partager l'analyse du président de la N-VA. "La Belgique n'est pas l'homme malade de l'Europe mais cela ne veut pas dire que la santé de l'économie belge ne peut pas être améliorée", a-t-il répondu, tout en nuances.
Au niveau des finances, le FMI recommande l'adoption de mesures supplémentaires, tant au niveau des dépenses que des recettes, pour ramener le déficit public belge de 4,8% en 2010 à 3% en 2012. "Tous les niveaux de pouvoir devraient contribuer à la réduction du déficit public à moins de 4% du PIB en 2011", estiment les experts du FMI. A cet égard, le dépôt devant le parlement d'un projet de budget 2011 par le gouvernement fédéral serait vu comme un "élément clef".
Contre le système d'indexation automatique des salaires
Outre la poursuite de la mise en oeuvre du processus de restructuration des banques, le FMI préconise une augmentation du taux d'emploi, dans un contexte de vieillissement de la population, et suggère notamment davantage d'accompagnement des chômeurs, une augmentation de l'âge réel de départ à la retraite et une limitation graduelle de la durée des allocations de chômage. Le FMI juge également que le système d'indexation automatique des salaires, qualifié de singularité belge, devrait être reconsidéré. Ce qui reviendrait, sinon à le supprimer, à tout le moins à le réformer.












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