Les syndicats ont pris acte mercredi de la décision de la Commission européenne d'imposer à bpost le remboursement de 417 millions d'euros d'aides octroyées par l'État belge. Déçus, ils regrettent que le grand perdant de cette décision soit au final le personnel, qui pourrait devoir faire une croix sur sa participation bénéficiaire l'année prochaine.
Selon Michel Meyer, de la CGSP Poste, bpost n'est "coupable d'aucune faute" dans ce dossier. "Le problème, c'est le flou entourant les directives. Il faudrait à l'avenir des règles claires pour tout le monde afin d'éviter de nouveaux malentendus", insiste-t-il. "C'est une décision de la Commission et nous n'avons pas le pouvoir de la contester", réagit de son côté André Blaise, de la CSC-Trancom (Postes). "Mais ce que je constate, c'est que le grand gagnant de cette affaire, c'est l'État belge, qui est le principal actionnaire de bpost mais qui va récupérer environ 300 millions d'euros nets. Par contre, le personnel, qui n'a rien à voir dans ce dossier, est le grand perdant de l'histoire". Tant la CGSP, la CSC-Transcom que le SLFP, dénoncent en effet l'impact possible du remboursement des 417 millions d'euros sur les 5% de participation aux bénéfices auxquels ont droit les travailleurs de bpost. Par contre, le remboursement n'aura aucune conséquence sur l'emploi. Au-delà de la décision rendue mercredi, André Blaise s'inquiète surtout des résultats des négociations en cours entre l'État belge, bpost et la Commission européenne sur le cinquième contrat de gestion. "Si la Commission devait demander la renégociation du contrat de gestion et imposer l'ouverture d'un appel d'offres pour certaines activités, dont la distribution des journaux, ça pourrait être très dommageable et avoir un impact à terme sur le volume de travail. C'est sur ce point que nous devons désormais être très vigilants", dit-il. (JAV)