L'ancien CEO de Fortis, Jean-Paul Votron, a décidé d'interjeter appel contre le jugement du tribunal d'Utrecht du 15 février dernier, qui faisait état d'une information incorrecte et trompeuse communiquée entre le 22 mai et le 26 juin 2008 par Fortis et ses anciens CEO et directeur financier au sujet de la solvabilité du bancassureur. Ce dernier, Gilbert Mittler, a également annoncé qu'il interjetterait appel, selon l'agence de presse néerlandaise, ANP.
"Dans un climat économique incertain, Monsieur Votron a sans cesse préconisé la transparence dans ses communications concernant Fortis, dans la mesure où des informations fiables étaient à sa disposition", précise d'emblée l'avocat de l'ancien CEO dans un communiqué. "Il estime injustifiable qu'il soit tenu personnellement responsable sur base d'une interprétation 'a posteriori' de certains propos tenus au cours de déclarations publiques faites au nom de Fortis", poursuit Me Olden. Selon Jean-Paul Votron, le tribunal a omis de prendre en considération cet argument et d'autres arguments invoqués pour sa défense. Le 26 juin 2008, Fortis a annoncé une augmentation de capital et la suppression de son dividende intérimaire. Les investisseurs à l'origine de la procédure reprochent précisément à Fortis et à ses anciens dirigeants d'avoir alors été au courant que la position de solvabilité de Fortis s'était déjà détériorée. Selon eux, Fortis aurait dû fournir plus tôt une information correcte à ce sujet. Le holding Ageas, juridiquement successeur de l'ancien bancassureur Fortis, avait déjà annoncé la semaine dernière son intention d'interjeter appel du jugement prononcé par le tribunal néerlandais. (MUA)