La zone euro a décidé aux forceps d'un nouveau plan de sauvetage record atteignant potentiellement 237 milliards d'euros pour la Grèce dans l'espoir de lui éviter la sortie de l'Union monétaire, sans pour autant apaiser les inquiétudes sur l'avenir du pays. L'accord est intervenu dans la nuit au terme de plus de treize heures de tractations entre les ministres des Finances dela zone euro. 

 

Un autre scénario 

En Belgique, les banques ne voient pas d'un très bon oeil cette décision. L’année dernière, les institutions financières de notre pays avaient notamment espéré un autre scénario: demander aux Etats européens de prêter de l’argent à la Grèce. Athènes aurait pu alors rembourser les banques et celles-ci auraient pu évidemment ressortir comme les grandes gagnantes. Prêter de l’argent n’a cependant jamais permis de se désendetter.

 

Une perte importante pour les banques belges

La décision des ministres des Finances est tout le contraire. Elle permet d'annuler une partie de la dette publique grecque. Une décision qui est forcément plus douloureuse pour nos banques. "Les banques belges avaient des portefeuilles généralement de quelques fractions de pourcents de leurs actifs. La seule banque qui avait un engagement très important était Dexia. Et donc 30% de ses fonds propres étaient prêtés à la Grèce et qui doit donc acter des moins-values très importantes. Mais cela a déjà été pris en compte", explique Eric De Keleuneer, professeur d’économie à la Solvay Business School, au micro d'Eric Van Duyse. Chaque banque a ainsi perdu quelques centaines de millions d’euros. Dexia perdra peut-être 5 milliards d’euros. Cela est en effet heureusement déjà réglé.

 

Les citoyens belges peuvent être les autres perdants 

Le citoyen belge est potentiellement l’autre perdant de cette nuit. "Le support financier est fourni par les Etats qui prennent des risques et qui vont prêter à des taux raisonnables. Cela représente un coût pour les Etats et les contribuables. Mais il s’agit d’un coût raisonnable dans le long terme", assure Eric De Keleuneer. Même son de cloche du côté de Bruno Colmant, professeur de finances à l'UCL: "Les Belges vont devoir tous un peu payer comme tous les citoyens européens parce que l’aide européenne sera sous forme de prêt et donc d’un prélèvement sur les budgets que ça va être payé."

Cet investissement reste malgré tout dérisoire face à la perspective de revoir la zone euro enfin se redresser, retrouver la confiance et repartir vers la croissance. "Je crois, parce que tout ce qui était en joue par les marchés, c’était la crédibilité de l’euro. Si l’Europe n’avait pas trouvé de solution pour la Grèce, immanquablement d’autres pays, les uns après les autres, auraient été visés par les marchés. Et c’est l’euro qui aurait été menacé. C’était donc un test de crédibilité qui a été réussi", a conclut M. Colmant.