La question qui se pose maintenant est l'avenir des travailleurs. Ce matin, ils étaient 500 devant l'usine. L'émotion était grande, les idées fatalistes. "Je perds ma tartine, ça fait 20 ans que je travaille ici", expliquait Frans Hernoux, soudeur, en pleurs. "On attend le plan Renault et on aura un petit peu plus qu'un chômeur", se résignait Francis Geldof, sidérurgiste, avant d'avoir une pensée pour les jeunes travailleurs. Un quart du personnel est en effet âgé de moins 30 ans et selon un délégué CSC, ces travailleurs plus jeunes sont les premiers touchés par cette fermeture.
Le sort des jeunes au premier plan
Du côté syndical, c'est le sort de ces jeunes qui est au centre des discussions. Giuseppe Santoro, président de la délégation syndicale FGTB Carsid: "On va tout faire et on va aller toquer aux portes qu'il faut pour essayer d'avoir une reconversion convenable pour Charleroi. Parce que Charleroi aujourd'hui perd 1000 travailleurs". "Je dois vous dire que c'est 1000 emplois directs mais 3000 indirects", précisait Antonio Mula, délégue principal CSC Carsid, en direct de Marcinelle dans le journal de 13h. "Nous espérons que le 'process', c'est une intention de licenciement via la loi Renault, qu'on trouve des solutions. (...) Nous espérons que M. Gozzi viendra avec des solutions donnant la possibilité à nos jeunes travailleurs de trouver un emploi."
Prépensions, outplacement, formations, ...
Des syndicats invités par le gouvernement wallon à explorer toutes les pistes possibles. "Je pense qu'avec Rudy Demotte nous allons inviter M. Gozzi, Duferco ainsi que les organisations syndicales pour examiner toutes les pistes et envisager toutes les hypothèses de travail encore possibles", annonçait le ministre wallon de l'Economi, Jean-Claude Marcourt, en direct dans le journal de 13h. André Antoine, son homologue du Budget, précisait: "Nous allons maintenant prendre un certain nombre de dispositions sociales de mobilisation, de cellules de reconversion, de formation, d'outplacement pour aider ces travailleurs." Une moitié du millier de travailleurs employés dans l'usine sidérurgique a plus de 51 ans, notait un permanent FGTB. Des mesures de prépension sont donc envisageables, a-t-il indiqué.
L'espoir de reconvertir le site pas abandonné
La CSC et la FGTB ont exprimé leur intention de proposer des solutions. Leurs permanents ont dit notamment vouloir étudier des pistes de reconversion pour le site. Les produits de niche sont peut-être une solution à envisager, d'après un permanent FGTB.
Duferco veut rester à Charleroi pour créer de l'emploi
Le patron de Duferco Belgium, Antonio Gozzi, a promis que le groupe Duferco allait "réagir". "Duferco est un opérateur industriel wallon. On maintient un ancrage industriel important en Wallonie", a-t-il dit, soulignant les pistes de reconversion possibles à Charleroi via la filiale Duferco Diversifications, créée en 2005. Celle-ci est active dans l'énergie, l'environnement, la logistique et l'assainissement de terrains pollués. "Il faut une gigantesque opération de reconversion industrielle et économique (dans la région de Charleroi). Duferco veut jouer un rôle actif, pour poursuivre nos activités industrielles et pour réduire les dégâts sociaux", a encore assuré M. Gozzi, tout en rappelant l'investissement de 400 millions d'euros réalisés avec Enel dans la centrale électrique TGV de Marcinelle-Energie. "L'emploi est nettement plus bas que dans une usine sidérurgique mais il s'agit du plus grand investissement industriel des 15 dernières années à Charleroi".
La FGTB demande le concours des forces vives carolos
Le président de la FGTB Metal Charleroi Namur, Antonio Cocciolo, a demandé la convocation prochaine du Comité de développement stratégique Charleroi Sud Hainaut. Les forces vives carolos doivent s'impliquer dans le dossier Carsid, a-t-il déclaré. Antonio Cocciolo attend des acteurs carolos qu'ils réfléchissent à des solutions pour contrer les effets d'une fermeture de l'usine. Le monde politique peut jouer le rôle de lien entre les acteurs industriels, a-t-il dit sans vouloir être plus précis.
Antonio Cocciolo dénonce le désinvestissement de la direction de Carsid à Marcinelle. La décision du groupe Duferco, propriétaire des installations, ampute, selon lui, la région de Charleroi d'un site industriel. Or, celle-ci a besoin d'industries pour assurer son avenir, a-t-il ajouté. Le Comité de développement stratégique devrait se réunir dans les prochains jours. Aucune date n'est pour l'heure encore fixée.
La CSC dit vouloir se battre pour le maintien du haut fourneau
Le secrétaire principal de la CSC Metal, Jean-Marie Hoslet, a affirmé mercredi que le syndicat chrétien ne comptait pas désarmer dans les négociations qui s'annoncent avec la direction du groupe Duferco. La CSC va mettre en place au cours des discussions qui s'ouvriront prochainement dans le cadre de la procédure Renault une stratégie par laquelle elle compte mettre la direction face à ses responsabilités.
Selon Jean-Marie Hoslet, la CSC n'acceptera pas que le groupe reçoive des aides régionales pour développer sur le site reconverti de Carsid des activités peu pourvoyeuses d'emploi. Jean-Marie Hoslet a exprimé son intention de se battre pour le haut fourneau présent sur le site. Il pourrait selon lui par exemple être proposé à d'autres opérateurs industriels déjà implantés dans la région dans le cadre d'un projet multiactionnarial.
La ministre de l'Emploi soutiendra toute initiative du gouvernement wallon
Après l'annonce par la direction que le haut-fourneau de Carsid ne redémarrera pas, la ministre fédérale de l'Emploi, Monica De Coninck, a fait savoir qu'elle soutiendra activement l'action du gouvernement wallon dans ce dossier. Elle a invité par ailleurs la direction à jouer un rôle actif dans le cadre de la procédure Renault "en vue de favoriser la prise en compte de toute solution susceptible de diminuer l'impact social de la fermeture annoncée mercredi matin".
La reconversion ou le replacement des travailleurs dont le savoir-faire et les compétences ne sont plus à démontrer, l'avenir de l'outil considéré comme parmi les plus performants d'Europe ou encore le devenir du secteur constituent autant d'interrogations auxquelles il faudra tenter de répondre dès l'émotion suscitée par cette annonce passée, ajoute Monica De Coninck. Et d'ajouter que cette réflexion devra être mener sans fard et sans crainte à l'échelle du pays. "Il importe que tous, nous oeuvrions ensemble à définir et à poser les bases nouvelles de ce qui doit être reconstruit".












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