"Pierre Mariani et moi laisserons le temps nécessaire au gouvernement belge de prendre contact avec le nouveau gouvernement français", a laissé entendre M. Dehaene, évoquant les futurs changements à la tête du groupe résiduel, qui devrait en principe être dirigé à l'avenir par un CEO belge et un président français. "Nous partirons au plus tard au 30 juin, Pierre Mariani et moi", a-t-il ajouté. Auparavant, le président du conseil d'administration était brièvement revenu sur les évènements qui ont conduit au premier sauvetage de Dexia, à l'automne 2008, et les efforts fournis, finalement en vain, entre la fin 2008 et fin 2011 pour restructurer le groupe. "Nous avons été rattrapés par des facteurs externes sur lesquels nous n'avions pas de prise. Notre tâche s'est avérée 'mission impossible'", a estimé l'ancien Premier ministre belge.

De son côté, M. Mariani a confirmé que cette assemblée générale des actionnaires était "probablement" sa dernière en tant que CEO. A son tour, Pierre Mariani est revenu sur le plan de restructuration mis en œuvre après l'automne 2008 et qui avait comme objectifs de réduire le profil de risque de Dexia et de le recentrer sur ses activités de base. "Mais le retour de crise brutal a été fatal au redressement de Dexia", a-t-il dit. "Nous étions au milieu du chemin", a-t-il situé.

 

Quel futur pour ce qui reste de Dexia?

Au sujet du futur de Dexia, après les cessions qui doivent encore avoir lieu dans les prochains mois (Denizbank, Dexia AM), le groupe résiduel se composera grosso modo d'un portefeuille d'obligations de 71,4 milliards d'euros, d'actifs financiers aux Etats-Unis et de filiales en Espagne, Italie et Allemagne, a précisé M. Mariani. Selon ce dernier, le portefeuille obligataire de Dexia est "de qualité acceptable" mais "il est très long", 13,4 années en moyenne, "et donc sa valeur de marché est réduite".

"Jour et nuit depuis quatre ans, les équipes du groupe ont géré le risque considérable que représentait Dexia" pour le secteur financier européen et pour les contribuables belges, français et luxembourgeois, a conclu Pierre Mariani, estimant que "si le groupe peut faire l'objet aujourd'hui d'une résolution ordonnée, la première de cette taille en Europe, c'est grâce au travail accompli ces dernières années".

Peu avant le début de l'assemblée générale, un actionnaire individuel, connu pour sa casquette verte, avait lancé que le dossier Dexia signifiait "la fin de ce pays d'un point de vue financier". "Ces gens ont tué l'avenir de nos enfants", a-t-il encore affirmé, sous des applaudissements, jugeant "scandaleuse" une décharge au conseil d'administration du groupe.