Les douze ministres de l'Opep se réunissent jeudi à Vienne pour réexaminer leur plafond de production adopté en décembre mais jamais respecté, alors que certains Etats critiquent vertement l'excès d'offre des pays du Golfe.
Les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), lors de leur réunion à huis clos en début d'après-midi, devraient exprimer des vues divergentes sur le marché.
L'Arabie saoudite a en effet fortement augmenté son offre depuis décembre, mettant en avant les difficultés de l'économie mondiale et le fort repli de la production iranienne -- tombée à son plus bas niveau depuis 20 ans en raison des sanctions internationales.
En conséquence, alors que l'Opep avait fixé en décembre un plafond de production de 30 millions de barils par jour (mbj) pour l'ensemble de ses membres, leur offre totale est montée en mai à 31,86 mbj, selon des chiffres de l'Agence internationale de l'Energie (AIE).
Lors d'un séminaire mercredi, le ministre équatorien Wilson Pastor-Morris, tout comme son homologue libyen Abdelrahmane Ben Yazza ont déploré l'excès d'or noir sur le marché, coupable selon eux de précipiter la récente dégringolade des prix du baril.
L'Iran et le Venezuela, les membres les plus conservateurs du cartel, sont encore plus véhéments, accusant les pays du Golfe, et particulièrement l'Arabie saoudite, d'avoir déstabilisé le marché et leur réclamant de réduire leur offre.
De son côté, après avoir annoncé ce week-end qu'un relèvement du plafond de l'Opep "était nécessaire", le puissant ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Nouaïmi, a insisté mardi qu'il ne s'agissait que d'une possibilité avant de se dire "heureux de la situation actuelle".
Dans ce contexte, confrontés à de fortes incertitudes sur l'économie mondiale et la perspective d'un embargo européen sur le brut iranien à partir du 1er juillet, "les ministres vont probablement maintenir le plafond de 30 mbj", a estimé mercredi le Koweïtien Hani Hussein.
Les ministres devraient également débattre de la succession de l'actuel secrétaire général du cartel, Abdallah el-Badri, dont le mandat prend fin en décembre.
Au côté de candidats iranien et saoudien, ayant peu de chance de susciter un consensus, l'Irakien, Thamir Ghadhban, et le ministre équatorien, M. Pastor-Morris, sont également dans la course.












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