De plus en plus de Belges ont un ou plusieurs crédits. En un an, le nombre de personnes endettées a augmenté de plus d’un million. L’augmentation de ces crédits s’explique notamment par une modification de la loi, jusqu’en décembre 2010, les clients des banques pouvaient avoir un découvert sur leur compte. Depuis lors, tous les comptes en négatifs sont considérés comme des crédits


Les Belges ont plusieurs crédits

Les différents observateurs considèrent que c’est une bonne chose puisque cela permet d’avoir une vraie vision de la situation financière des particuliers. Cependant, un phénomène inquiète Olivier Jérusalmy, chargé de recherche au Réseau Financement Alternatif, les personnes endettées peuvent malgré tout continuer à obtenir des prêts sans difficulté. "Ce n’est pas parce que vous avez un crédit que vous n’en obtiendrez pas un deuxième et ainsi de suite. C’est-à-dire que la proportion du nombre de personnes disposant d’un crédit en plus et en plus et en plus continue de croître et notamment grâce à l’arrivée de ce codage de ces découverts bancaires", a-t-il expliqué.

 

"Une bombe à retardement"

"On se rend compte que 300 000 entrées en plus cette année de personnes ayant cinq crédits et plus ont été enregistrées. Il est bien entendu clair qu’à un moment donné, parce qu’il y a tant de crédits, il n’y aura plus de moyen de remboursement pour le crédit supplémentaire. Et c’est là qu’on considère qu’il y a une bombe à retardement. Les prêteurs font croire aujourd’hui que tant qu’il n’y a pas de défaut, ça continue d’être bon", avertit Olivier Jérusalmy au micro de Sébastien De Bock pour Bel BRTL.

 

Des chiffres plus réalistes

Les chiffres ont donc explosé en un an, mais collent sans doute mieux à la réalité. "Il est important que nous puissions nous, chercheurs, notamment intéressés par les problèmes de surendettement, avoir accès à cette information et que d’ailleurs l’ensemble des prêteurs puisse avoir une vision complète de l’endettement et donc de ces découverts déjà utilisés par les consommateurs", a-t-il précisé.

 

Les Belges ne savent plus rembourser leurs crédits

Sans compter le nombre de crédits en défaut de paiement qui a lui aussi augmenté. "On a constaté que tous les chiffres allaient à la baisse en défaut de paiement sauf pour une catégorie de crédits qui était l’ouverture de crédits. La raison pour laquelle nous sommes extrêmement méfiants par rapport à ce type de crédits." Un Belge sur 20 est en défaut de paiement, un chiffre qui ne cesse de grimper depuis 4 ans.

 

Sébastien De Bock