Il y a des logiques qui peuvent surprendre. En 2011, les sinistres liés aux accidents de la route ont baissé. Les compagnies d’assurance viennent donc d’encaisser de beaux dividendes en dépensant moins d’argent. Mais contre toute attente, les principaux acteurs du secteur viennent de décider d’augmenter leurs primes.

 

Les efforts des automobilistes ne paient pas

La responsabilité civile va augmenter de 5 % chez Axa, 2,5 % chez AG Assurances et KBC. Ces augmentations poussent donc à croire que les efforts des automobilistes ne paient pas. "L’origine de cette augmentation se trouve encore en 2010 plutôt qu’en 2011 puisque 2010 a vraiment été catastrophique pour l’assurance non vie, aussi bien dans l’assurance auto, incendie ainsi que la responsabilité. Et donc, avec un peu de retard, il y a encore des corrections pour rétablir une certaine rentabilité recherchée par les compagnies", a expliqué Peter Wiels, porte-parole d’Assuralia, au micro de Sébastien Rosenfeld et Gaëtan Lillon pour RTL TVI.

Intéresser les actionnaires

Les assureurs ont fourni un autre élément d’explication: les accidents graves avec des sinistres de plus de 125.000 euros représentent 20% du montant total des indemnisations. Mais pour Test-Achats, la réponse se trouve surtout dans le portefeuille des actionnaires. "Il faudra enrayer cette hausse qui n’est pas justifiée par une augmentation du nombre de risques ou du nombre de dommages corporels que les assureurs doivent indemniser. Ces hausses sont principalement justifiées par des pertes financières des assureurs et par le fait qu’il faut plus intéresser les actionnaires de ces compagnies et ce sont donc les consommateurs qui passent à la caisse", a regretté  Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Test-Achats.

Avec la segmentation par âge, les primes peuvent parfois doubler lors d’un accident en tort. Selon Test-Achats, ce système est injuste, mais il ne risque pas de changer. Assuralia a même ajouté que la tendance à la hausse risquait de se généraliser à toutes les compagnies.