Si les réacteurs nucléaires Doel 3 et Tihange 2 restent effectivement à l'arrêt et que ces arrêts sont combinés à un hiver rigoureux, alors le risque de black-out existe dans notre pays, a confirmé lundi la Commission de régulation de l'électricité et du gaz (CREG). Selon un porte-parole du régulateur du secteur énergétique, il n'existe aujourd'hui aucun risque de coupures d'électricité mais en cas d'hiver froid, le risque d'enregistrer des problèmes en matière de sécurité d'approvisionnement augmente et avec lui le risque de black-out. Laurent Jacquet, de la CREG, au micro de Déborah Van Thournout et Nicolas Foulon: "L’électricité n’est pas stockable à grande échelle, et donc à tout moment la production doit suivre la consommation d’électricité. Donc les centrales démarrent et couvrent la demande automatiquement. On peut aussi compter sur l’importation d’électricité à l’étranger, on a de relativement bonnes interconnexions avec les pays comme la France, mais il arrive aussi que la capacité de ces lignes diminuent".

 

Faire tourner plus longtemps Ruien et Drogenbos

La CREG soutient la piste du secrétaire d'Etat à l'Energie Melchior Wathelet de faire tourner plus longtemps des centrales telles que celles de Ruien (charbon et gaz naturel) et Drogenbos (centrale TGV). Ces centrales, qui tournent déjà mais pas à pleine capacité et qui sont prochainement appelées à fermer leurs portes, représentent une capacité de 1.000 MW, contre 2.000 MW pour Doel 3 et Tihange 2.

 

Importation d'électricité donc hausse des prix

L'importation d'électricité pourrait également atténuer le risque mais des pays comme l'Allemagne et la France sont déjà importateurs d'électricité en cas d'hiver particulièrement froid. Le ministre de l'Energie, Melchior Wathelet, avertit : "Si vous devez aller acheter de l’électricité sur le marché, que vous n’êtes pas capable de la produire vous-même, celui qui va vous la vendre va la vendre au prix fort." Les prix pour le consommateur pourraient donc grimper, mais cela ne serait que temporaire selon Johan Vandelanotte, le ministre fédéral de l'Économie et des Consommateurs: "Nous avons un exemple. En Allemagne, plusieurs centrales ont fermé en une fois, et les prix ont grimpé durant deux semaines, puis sont rapidement revenus à niveau. Si c’est possible en Allemagne, c’est possible chez nous aussi".

La CREG rappelle toutefois l'existence, en cas de risques de coupures d'électricité, d'accords entre le gestionnaire du réseau haute tension Elia et de grands consommateurs industriels d'électricité afin de diminuer la consommation.

 

Construire de nouvelles centrales?

La CREG plaide pour une plus grande attractivité susceptible de pousser des investisseurs à construire de nouvelles centrales électriques dans notre pays. La construction d'une nouvelle centrale peut facilement prendre de quatre à cinq ans, souligne encore le régulateur. (WDM)