Quelque 450 tracteurs réunis à l'initiative d'une organisation de producteurs laitiers ont déversé mercredi trois millions de litres de lait sur un champ près de Ciney. La quantité correspond à une journée de production laitière en Wallonie, a expliqué le président de l'organisation belge Milk Producer Interest Group (MIG), Erwin Schöpges. Le lait n'est pas perdu, "il est utilisé comme engrais" a souligné M. Schöpges, qui a prévenu que les producteurs laitiers wallons iront "jusqu'au bout" dans leur mouvement de protestation. D'ailleurs, de nouvelles actions sont annoncées par le MIG, notamment vendredi tandis que les différentes laiteries du pays seront surveillées afin que du lait étranger n'entre pas en Belgique.
Les producteurs laitiers de plusieurs pays ont affiché mercredi à Bruxelles leur détermination à poursuivre leur mouvement de grève jusqu'à ce que leurs revendications soient prises en considération. Lors d'une conférence de presse à Bruxelles, la fédération European Milk Board a réclamé la création d'un organisme associant les producteurs, les consommateurs et les pouvoirs publics, qui serait chargé de définir les prix et les volumes de production souhaitables du lait.
"On va aller jusqu'au bout"
Le mouvement de grève, qui a pris en Belgique et en France, commence à s'étendre au reste de l'Europe, même dans les pays habituellement plus réservés face à l'idée d'une régulation de l'offre. "Ceux qui pensent que la grève va durer deux ou trois jours au maximum se trompent", a lancé un agriculteur belge. "Après aujourd'hui, ce ne sera pas terminé. On va aller jusqu'au bout". Les producteurs d'autres pays ont fait part de la mobilisation croissante, notamment en Allemagne, en Autriche, en France, aux Pays-Bas et au Luxembourg. C'est cependant en Belgique que la grève est la plus spectaculaire, avec le déversement de trois millions de litres de lait à Ciney (voir photo).
"Nous sacrifions des milliers d'euros pour améliorer nos conditions de vie"
"Je ne me souviens pas d'avoir vu dans ma vie les agriculteurs de différentes pays européens mener une action pendant plusieurs jours", a dit le président de l'EMB, Romuald Schaber. "Nous n'avons pas de caisse de grève comme d'autres organisations syndicales. Nous sommes à bout et pourtant nous sacrifions des milliers d'euros pour améliorer nos conditions de vie".
Le prix équitable deux fois inférieur au prix actuel
Même si les situations sont différentes d'un pays à l'autre, tous les producteurs présents ont fait état de leur désarroi face à des prix de vente nettement inférieurs au prix de revient. Un prix équitable approcherait les 40 centimes par litre, alors que le tarif payé actuellement tourne aujourd'hui aux alentours de 20 centimes, ont-ils dit. Les producteurs assurent ne pas vouloir faire grimper le prix du lait à la consommation. "Nous voulons juste une répartition équitable des marges sur la filière", a dit l'un d'entre eux.












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