Didier Reynders, le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, était l'invité de Bel RTL ce matin. Il a répondu aux questions de Fabrice Grosfilley. Après le sommet européen qui s'est conclu sur un semi-échec, la Grande-Bretagne claquant la porte, a-t-on sauvé l'euro ? "On a fait un grand pas en tous les cas, dans la bonne direction. C'est-à-dire en renforcement des mécanismes dans la zone euro et dans ce qui pourrait devenir une zone euro encore plus large, en terme de discipline budgétaire d'un côté et peut-être d'intégration politique et économique, sociale, environnementale", a-t-il confié.

 

Si quelqu'un ne veut pas avancer, "il continue avec sa monnaie"

Quand est évoqué le différend avec la Grande-Bretagne sur la surveillance du secteur financier national, Didier Reynders a indiqué que "Si quelqu'un ne veut pas avancer, il faut lui laisser poursuivre sa route avec sa monnaie". Mais, dès lors, doit-on craindre que l'Angleterre sortede l'Europe ? "J'aurais plutôt tendance à dire que c'est le maintien de l'Angleterre en dehors de la zone euro. Mais c'est un choix britannique. On le sait. Tout le monde sait que c'est la Grande-Bretagne, elle-même qui a demandé depuis le début de rester en dehors, comme la Suède a demandé de rester en dehors", a-t-il fait observer.

Face à la résistance du Royaume-Uni et d'autres pays, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont décidé vendredi à l'aube de conclure un nouveau traité limité aux 17 pays membres de la zone euro et à quelques autres Etats. Ceci est peut-être l'embryon de "ce qui pourrait devenir une zone euro encore plus large", a dit M. Reynders.

 

Discipline et solidarité

Emmenés par l'Allemagne, les dirigeants européens ont opté pour la voie d'un renforcement considérable de la discipline budgétaire, passant notamment par l'interdiction des déficits structurels supérieurs à 0,5% du PIB.

Il faut de la discipline et de la solidarité. "C'est d'une part la volonté d'avancer vers la discipline budgétaire, on va y revenir avec l'autre face qui est la solidarité. On sait que les Allemands et d'autres veulent d'abord la discipline avant de renforcer la solidarité. D'une manière ou d'une autre on devra faire les deux, c'est l'œuf et la poule, il faudra de toute manière, à un moment donné avoir et l'œuf et la poule mais on commence par un des deux, et manifestement, c'est surtout la discipline qui est mise en avant", explique DR.

Le ministre des Affaires étrangères a souligné que forte de ses engagements visant le retour à l'équilibre en 2015, la Belgique s'inscrivait déjà dans le nouveau cadre. Mais, a-t-il une nouvelle fois souligné, alors que le fédéral a pris en considération les nouveaux paramètres de baisse de croissance dans son budget 2012, on attend toujours des Régions et Communautés qu'elles en fassent autant.