Matignon a démenti jeudi les informations du Figaro sur une coupe dans les effectifs de fonctionnaires, affirmant que "les arbitrages n'étaient pas rendus", sans convaincre le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, qui pointe le "flou" du gouvernement.
Selon le quotidien, le gouvernement doit tailler dans les dépenses de l'Etat et prévoit de baisser en moyenne de 2,5% par an les effectifs de la fonction publique hors Education, Justice et Intérieur, sur la période 2013-2015.
La fonction publique d'Etat compte 2,4 millions d'agents sur un total de 5,3 millions de fonctionnaires (Hospitalière et Territoriale comprises).
Les chiffres de la presse "ne sont pas ceux du gouvernement, les arbitrages seront rendus à la fin du mois, le cadrage interviendra fin juin", a-t-on expliqué à Matignon.
Le ministre du Travail Michel Sapin a indiqué que ces chiffres n'étaient "pas forcément justes point par point". "C'est au gouvernement et aux ministres concernés de le dire dans les jours et les semaines qui viennent", a-t-il dit.
Pour lui, il ne s'agit "pas d'une révélation", mais "simplement la traduction de ce que François Hollande a dit pendant toute la campagne électorale (...) il n'y aura pas de diminution globale du nombre de fonctionnaires".
"Et je peux le dire autrement, il n'y aura pas d'augmentation globale du nombre de fonctionnaires", a-t-il ajouté, en rappelant les priorités du gouvernement "l'éducation et la santé".
A la mi-journée, le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, très offensif sur la question du service public, a jugé le gouvernement "flou".
"Comme disait la grand-mère de Martine Aubry : +quand c'est flou, il y a un loup+, eh bien, on va demander à lever le loup", a lancé M. Mailly, reprenant la formule de la première secrétaire du PS à l'encontre de François Hollande, son rival durant la primaire socialiste.
Il a mis en garde le nouveau pouvoir, l'invitant à ne pas reprendre la "logique" du gouvernement précédent, "en disant qu'il faut serrer les boulons et qu'on va arbitrairement diminuer tels effectifs ou remettre en cause telle mission de service public".
A la conférence sociale des 9 et 10 juillet, M. Mailly entend "redemander qu'il y ait un vrai débat sur l'avenir du service public dans notre pays, ce que le précédent gouvernement a refusé de faire". "Qu'on nous explique s'il y a un arrêt de la révision générale des politiques publiques" (RGPP), a-t-il dit.
L'une des principales dispositions de la RGPP mise en place par Nicolas Sarkozy consiste à ne pas remplacer un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Depuis 2008, 150.000 postes ont été supprimés avec cette règle.
Selon M. Mailly, pour augmenter les postes dans des secteurs prioritaires -éducation, police, justice- tout en gardant des effectifs globalement stables, il n'y a "pas 36 solutions: ou bien il y a des réductions" dans d'autres secteurs, "et je veux savoir où", ou alors il y aurait "un acte trois de la décentralisation" qui consisterait à "transférer des missions sans transférer les effectifs".
Dans tous les secteurs de la fonction publique, les agents "n'en peuvent plus, sont à bout, on est à l'os", a-t-il dit.
De son côté, l'ancien ministre de la Fonction publique François Sauvadet (NC) a accusé la gauche, "qui n'a cessé de nous accuser d'être les fossoyeurs des services publics" de prévoir des "coupes sombres dans les effectifs".
Selon lui, "les effectifs des ministères sociaux, de la culture, du travail, de l'économie devront baisser brutalement de 7,5% pour respecter les promesses du candidat Hollande". "Je prédis des jours très difficiles à la Fonction publique", a-t-il affirmé dans un communiqué.












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