A 30 minutes au nord de Paris, les Studios de Paris, installés au coeur de la Cité du Cinéma, attendent Robert de Niro et Michelle Pfeiffer pour le premier clap en juillet, tentant d'ignorer les polémiques qui accompagnent leur ouverture.
Les deux acteurs essuieront les plâtres avec "Malavita", une adaptation du livre de Tonino Benacquista signée Luc Besson, avant même l'inauguration officielle des lieux repoussée à septembre.
Excédé par les médias qui raillent un éléphant blanc à 160 millions d'euros (pour l'ensemble - 30 M pour les plateaux) le président des Studios, Didier Diaz, a emmené l'AFP pour un tour du propriétaire.
Neuf plateaux alignés sur la droite, de 600 m2 à 2.000 m2; 12.000 m2 d'ateliers et de loges en vis-à-vis. Gris en extérieur, noirs pour le revêtement acoustique, 14 mètres de hauteur sous plafond et cinq fosses pour des décors ou des bassins.
"L'idée, c'est de regrouper tous les moyens de tournage et de post-production, jusqu'à la salle de projection, pour repartir avec un film terminé sous le bras: c'est un endroit unique en France et le dernier construit donc le plus moderne en Europe", fait valoir le directeur commercial Pascal Bécu.
"La conception, c'est Luc Besson et ses équipes", note Didier Diaz.
Initiateur et concepteur technique de la Cité du Cinéma, le patron d'Europacorp refuse obstinément d'évoquer son bébé.
Mais la ligne est difficile parfois à tenir pour ses partenaires, dont Euro Media, premier opérateur cinéma européen - d'où vient Didier Diaz.
Le malentendu, selon lui, porte sur la date de l'inauguration: un temps annoncée (par Luc Besson) pour mai, elle est désormais prévue en septembre, lors du Festival du film américain de Deauville, en présence de stars et producteurs hollywoodiens.
"On a un peu fait cet outil pour eux, autant qu'on le leur montre", relève-t-il.
"Le +backlot+ c'est Paris"
La Cité du Cinéma, à Saint-Denis, qui accueillera aussi d'ici juillet le siège d'Europacorp, l'Ecole de cinéma créée par Besson et l'Ecole Louis-Lumière, espère surtout offrir une alternative aux grands studios européens, grâce à sa proximité avec Paris.
"En Angleterre, les studios de Pinewood qui accueillent une dizaine de blockbusters américains par an se trouvent à une 1h30 du centre de Londres; ceux de Babelsberg sont à 1h00 de Berlin", relève Olivier-René Veillon, président la Commission du film d'Ile-de-France, chargée d'attirer les tournages étrangers autour de Paris.
"On est ici au coeur de la première région de production (cinéma) d'Europe. Neuf plateaux, ça permet d'accueillir un gros film et deux moyens en même temps", dit-il.
Thierry de Segonzac, président de la fédération des industries techniques du cinéma (Ficam), s'inquiète en revanche "d'une offre surdimensionnée" en temps de crise.
Autre critique, l'absence de "backlot", l'espace pour construire des décors en extérieur, une rue par exemple. "Le backlot, c'est Paris", rétorque Besson.
"Il a raison", estime Patrick Lamassoure, délégué général de Film France, pour la promotion de l'Hexagone auprès des productions internationales: "Personne ne vient tourner ici si la France ne figure pas au scénario, parce que c'est cher. Or la France au cinéma, trois fois sur quatre, c'est Paris".
En attendant, ce sont les Français qui démarrent: après Besson, Fred Cayavé ("A Bout portant") attaque un thriller en septembre, confirme son producteur David Giordano (LGM).
Christophe Offenstein a effectué ses repérages pour "En solitaire", épopée sur le Vendée Globe dans le grand bassin avec Guillaume Canet et François Cluzet.
Enfin, Didier Diaz a déjà accueilli des délégations américaines, dont un réalisateur escorté de l'un des producteurs de "Titanic".












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