Loin de la polémique sur son exil fiscal, Gérard Depardieu, livre ses passions de viticulteur dans le dernier numéro du magazine "Terre de Vins" publié mercredi, déclarant avoir "appris la poésie du vin plus que l'oenologie".

Dans cette interview réalisée fin janvier depuis Quiberon (Morbihan), le propriétaire depuis 1989 des 94 hectares du domaine de Tigné, dans le Maine-et-Loire, revient sur ses grands inspirateurs, les acteurs Jean Gabin et Bernard Blier : "Ils m'ont initié. Ils buvaient surtout des arbois", un cépage blanc de Touraine.

L'acteur, désormais russe, évoque ce goût des cépages, notamment "autochtones". "Je veux faire des micro vinifications", lance-t-il, "je voyage un peu partout, et je vois des choses magnifiques, des cépages très anciens comme en Crimée, en Bulgarie, en Moldavie, et je voudrais voir ce que ça donne". Il égrène : "Maintenant, j'ai des merlots, du carménère, et j'ai même planté du malbec en Anjou. J'aime aussi le grenache, le mourvèdre"...

Depardieu lance : "J'ai appris la poésie du vin plus que l'oenologie. C'est ce qui m'a fasciné".

Poète, Depardieu l'est aussi dans l'appellation de ses vins, notamment ceux produits par la sociétés La Clé du Terroir, créée avec la magnat bordelais Bernard Magrez : "Ma Vérité", un Haut Médoc, "Confidence", un vin rouge d'Anjou produit à Tigné, ou "Le Bien Décidé", un Coteaux du Languedoc baptisé ainsi en hommage au père de l'acteur, compagnon du tour de France. Avec un autre associé, à Saumur, il produit deux crus, en rosé et en blanc, baptisés "Taille Princesse", en hommage cette fois à sa grand-mère tailleuse de diamants.

Depardieu est aussi un véritable homme d'entreprise : du seul domaine de Tigné sortent près de 350.000 bouteilles par an, en rouges et rosés d'Anjou, des coteaux-du-layon, des vins de France et pétillants, rappelle "Terre de Vins".