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"Trompe-la-Mort" lance un cycle de créations mondiales à L'Opéra de Paris

nGED_IDIldiko Komlosi, Marc Labonnette et Julie Fuchs lors d'une répétition en costumes de Trompe la mort à Paris le 10 mars 2017 - Jacques DEMARTHON
nGED_IDMarc Labonnette lors d'une répétition en costumes de Trompe la mort à Paris le 10 mars 2017 - Jacques DEMARTHON
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Avec "Trompe-la-Mort" d'après "La Comédie humaine" de Balzac, l'Opéra de Paris lance un cycle ambitieux de créations mondiales d'opéras à partir de chefs-d'oeuvre de la littérature française, qui se poursuivra avec "Bérénice" et "Le Soulier de Satin".

La première jeudi soir a été chaleureusement applaudie, preuve que le public parisien peut prêter l'oreille à des oeuvres musicalement audacieuses et éloignées du grand répertoire classique.

La partition ponctuée de percussions surprenantes, provenant parfois des loges situées dans la salle, était servie par une mise en scène non moins moderne du Belge Guy Cassiers, avec ses colonnes de lumières géométriques.

"Trompe-la-Mort", dont le compositeur italien Luca Francesconi a écrit le livret, retrace à grands traits le parcours sulfureux de Jean Vautrin, un des personnages centraux de "La Comédie humaine" (90 romans, essais, contes et nouvelles de Balzac).

Vautrin (de son vrai nom Jacques Collin) est un forçat évadé aux multiples identités, reconverti en prêtre, protecteur de jeunes hommes (Lucien et le fameux Rastignac) et qui finira chef de la police.

A travers "Trompe-la-Mort", surnom de Vautrin, l'écrivain français Honoré de Balzac scrute les failles de la société du 19e siècle, découpant au scalpel ses "couches" successives: les salons et les apparences, le monde des coulisses, ou les hommes tirent les ficelles, et au sous-sol, la matière "crue, dure (...) ce mystère qui fait rouler le monde", selon Luca Francesconi.

Le compositeur a voulu illustrer ces strates dans sa musique, qui change de registre à chaque niveau de récit, tout comme la mise en scène reproduit grâce à des projections vidéo tantôt les ors des salons de l'Opéra Garnier pour les bals mondains, tantôt les sous-sols du théâtre pour les manigances de Vautrin.

Pour leur deuxième opéra commun, Luca Francesconi et Guy Cassiers ont pu compter sur une distribution solide, avec le baryton Laurent Naouri dans le rôle de Vautrin et la soprano Julie Fuchs dans celui d'Esther, sacrifiée aux noirs desseins de Trompe-la-Mort, aux côtés de Cyrille Dubois (Lucien), Marc Labonnette, Philippe Talbot...

- Littérature à l'os -

On regrettera cependant la simplification du livret, qui réduit le foisonnement des romans de Balzac à une intrigue-squelette, d'ailleurs difficile à suivre pour celui qui n'aura pas révisé avant la représentation.

Avec ce projet, l'Opéra de Paris dirigé depuis 2014 par Stéphane Lissner renoue avec la politique de création active sous le mandat de Gérard Mortier ("Melancholia" de Georg Friedrich Haas en 2008, "Yvonne, princesse de Bourgogne", de Philippe Boesmans en 2009).

"Ce qui m'intéresse dans ce projet c'est d'entraîner le public dans une démarche sur le long terme autour de la littérature française, de notre patrimoine culturel commun", explique à l'AFP le directeur de l'Opéra Stéphane Lissner.

A la rentrée 2018, le chef de l'Opéra Phiippe Jordan dirigera une composition du compositeur suisse Michael Jarrell, 58 ans, à partir de "Bérénice" de Jean Racine, mis en scène par Claus Guth, avec Barbara Hannigan.

Pour les 30 ans de l'Opéra Bastille, en septembre 2019, "ça sera un projet très spectaculaire puisqu'il s'agira du Soulier de Satin de Paul Claudel, en une soirée, soit cinq à six heures", a expliqué Stéphane Lissner à l'AFP.

L'opéra composé par Marc André Dalbavie sera dirigé par le jeune chef français Maxime Pascal (31 ans) et mis en scène par le comédien et metteur en scène Stanislas Nordey.

Nordey, figure du théâtre français et actuel directeur du Théâtre national de Strasbourg (est de la France), a déjà mis en scène de nombreux opéras, dont le "Saint François d'Assise" de Messiaen (1983) et "Melancholia" en 2008 pour l'Opéra de Paris.

Créer un opéra contemporain est un double risque, convient Stéphane Lissner: "un risque artistique, auquel on ajoute un risque économique, car il est plus difficile de vendre une création mondiale".

Pour l'heure, la curiosité du public est au rendez-vous: "Trompe-la Mort" dépasse déjà 80% de billets vendus.

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