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Des photos de l'artiste chinois Liu Bolin dérobées à Vichy

Des photos de l'artiste chinois Liu Bolin dérobées à Vichy
L'artiste chinois Liu Bolin pose devant l'une de ses photographies exposées en plein air à Vichy (Allier) dans le cadre d'une rétrospective que lui consacre le festival Portraits(s), le 16 juin 2017Thierry Zoccolan
 
vol, Chine

Trois photos de l'artiste chinois Liu Bolin, qui étaient exposées en plein air à Vichy (Allier) dans le cadre d'une rétrospective de l'artiste que lui consacrait le festival Portraits(s), ont été dérobées, a-t-on appris mardi auprès des organisateurs.

Les photographies grand format (100 x 130 cm) - baptisées "Red door", "Ground zéro" et "Temple of even" - faisaient partie de la soixantaine de photographies de l'artiste exposées jusqu'au 10 septembre sur l'esplanade du lac d'Allier. Elles auraient disparu "entre mercredi et dimanche", selon la ville de Vichy.

Tirées sur aluminium et vissées sur un support en fonte, celles-ci avaient été éditées spécialement pour l'exposition.

"Elles n'ont pas de valeur marchande car elle ne sont pas vendables à la cote internationale de Liu Bolin sur le marché de l'art. D'autant que leur état a dû être dégradé lors de l'arrachage", déplore le co-commissaire de l'exposition Karim Boulhaya.

Figure de la bouillonnante scène artistique chinoise, Liu Bolin a acquis une reconnaissance internationale grâce à un art du camouflage digne d'un caméléon.

Revêtu d'une vareuse militaire, inspirée des années Mao, son corps et ses yeux clos, méticuleusement repeints, se fondent dans le paysage pour, affirme l'artiste, dénoncer les dysfonctionnements de la société chinoise.

"Depuis cinq ans, on avait jamais eu aucun tag ni une égratignure", regrette M. Boulhaya, par ailleurs directeur du centre culturel Valéry-Larbaud, qui expose d'autres artistes dans le cadre du festival.

La mairie de Vichy a porté plainte. "Le préjudice est artistique car ces vols empêchent le public de découvrir dans son intégralité l'oeuvre de cet artiste mondialement connu. Mais aussi financier car le tirage produit chaque année dans un laboratoire parisien, en accord avec l'artiste, a un coût".

"Jusqu'à présent, nous avions fait le choix de mêler esthétisme et sécurité mais on va devoir désormais revoir le système d'accroche au détriment de l'esthétisme", prévient M. Boulhaya.

Vichy n'est pas la seule ville victime cet été d'un vol d'oeuvres d'art. Vendredi, la ville de Paris a annoncé qu'elle allait porter plainte contre deux personnes "déguisées en agents de la Ville", qui avaient dérobé une dizaine de mosaïques du "street artist" Invader.

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