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Jeunes auteurs en quête de producteurs, ou la délicate naissance d'un film

Jeunes auteurs en quête de producteurs, ou la délicate naissance d'un film
La réalisatrice française Chloé Mazlo, lauréate du César du meilleur court métrage d'animation pour Les Petits Cailloux en 2015, le 20 février 2015 à ParisMARTIN BUREAU
 

Jeunes scénaristes et réalisateurs, ils préparent leur premier ou deuxième long métrage. Ils seront peut-être en haut de l'affiche demain... à condition d'arriver à se démarquer et surtout convaincre un producteur. Un art difficile qui s'apprend.

"Réalisateur, c'est un métier très solitaire", reconnaît Naël Marandin qui vient de participer avec treize autres aspirants cinéastes à la troisième édition de "La Sélection", un événement mettant un coup de projecteur sur de jeunes auteurs.

"Quand on est tout seul dans sa chambre avec un fichier Word en train d'écrire un film, trouver des gens à un moment qui disent +on a envie de passer deux ans de notre vie à travailler dessus+, ça fait du bien", ajoute cet artiste de 35 ans, venu présenter "Les Dévorants", drame social dans le milieu des éleveurs bovins, son deuxième long métrage après "La Marcheuse".

Comme lui, les autres participants étaient pour la plupart trentenaires, venant du cinéma mais aussi des arts plastiques, de la vidéo ou du théâtre, certains travaillant seuls, d'autres en binôme.

Après s'être préparés pendant deux semaines lors de séances de travail collectives, ils ont concocté des "Raconte-moi", des vidéos résumant en cinq minutes chrono, de la manière la plus claire et convaincante possible, les films sur lesquels ils planchent depuis des mois. Ils ont pu les montrer à Paris, devant une centaine de professionnels parmi lesquels peut-être leurs futurs producteurs, à l'image de ces séances de "pitch" régulièrement organisées dans des festivals de cinéma ou de documentaires.

Savoir (bien) parler de son film, pour séduire les autres avant même que la moindre image ne soit tournée, "nécessite de vraiment se recentrer sur ce qui fait le coeur du projet", explique Naël Marandin.

- En quête d'originalité -

"L'idée, c'est vraiment d'essayer d'aider les auteurs qui sont partis écrire leurs films à franchir la dernière étape, pour qu'ils puissent rencontrer des producteurs", souligne Antoine Le Bos, co-directeur du Groupe Ouest, qui "coache" des cinéastes à l'écriture et organise cette "Sélection" annuelle avec la Fondation Gan pour le cinéma, qui aide à la création de premier et second films.

"A chaque fois, ça génère des vraies rencontres. Quasiment 80% des participants trouvent un producteur dans la foulée, finalisent le développement de leur projet et partent en recherche de financement", poursuit-il.

Les structures pour jeunes auteurs, qui apportent contacts, aide à l'écriture, à la réalisation ou au financement, sont importantes aujourd'hui dans l'émergence de nouveaux talents.

Parmi ces pépinières, la Cinéfondation, créée en 1998 par l'ex-président du Festival de Cannes Gilles Jacob, le Torino Film Lab en Italie, le Binger Filmlab d'Amsterdam, les résidences d'écriture du Groupe Ouest dans le Finistère, qui ont notamment accueilli la réalisatrice césarisée de "Divines" Houda Benyamina, ou encore Next Step, programme lancé en 2014 par la Semaine de la critique à Cannes pour aider le passage au long métrage.

"On a la chance d'avoir des dispositifs pour être accompagnés, rencontrer des gens", confirme l'un des participants de la "Sélection", Yacine Badday, 33 ans, coscénariste avec Chloé Mazlo - lauréate du César du meilleur court métrage d'animation en 2015 - des "Désorientaux", qui se passe pendant la guerre du Liban.

Tous deux ont déjà passé plusieurs mois sur l'écriture de ce film d'animation et travaillé leur "Raconte-moi" dont ils ont fait une version ludique qui a fait rire la salle.

Car les producteurs sont souvent attirés par l'originalité: "On essaie de craquer pour la singularité. Il y a des personnalités qui ressortent", souligne Isabelle Grellat, productrice chez Mandarin. "Il faut que ça nous parle. En tant que producteurs, on part sur des projets quand on est touchés".

Avec ce type de rencontres, "on voit très bien la nature des projets et la personnalité des auteurs, leur univers", renchérit Gilles Sacuto, de TS Productions. "Ca donne des envies de rencontres".

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