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La saison 2017/18 de l'Opéra de Lyon: "Des guerres et des rois"

La saison 2017/18 de l'Opéra de Lyon:
Le Belge Serge Dorny, directeur de l'opéra de Lyon, le 6 mars 2012 à LyonPHILIPPE MERLE
 

Le directeur général de l'Opéra de Lyon Serge Dorny a dévoilé samedi la nouvelle saison de l'établissement, qu'il a résumée d'une formule : "Des histoires de guerre et de rois".

Les oeuvres qui seront présentées sont "des histoires de victimes et d'oppresseurs" qui "résonnent avec l'actualité de notre monde si souvent tragique", a expliqué M. Dorny lors d'une conférence de presse tenue en marge du traditionnel festival de printemps de l'opéra lyonnais.

La nouvelle saison s'ouvrira par un oratorio du britannique Benjamin Britten, War Requiem (octobre 2017), composé en 1962 pour l'inauguration de la nouvelle cathédrale de Coventry détruite pendant la Seconde guerre mondiale. L'oeuvre sera dirigée par le nouveau chef permanent Daniele Rustoni qui trouvera là l'occasion "d'élargir son répertoire" au-delà de l'opéra italien où il s'est illustré.

Commandée par quatre opéras allemands au début des années 30 mais inaugurée à Zurich en raison de l'arrivée au pouvoir des nazis, le Cercle de craie d'Alexander von Zemlinsky (janvier-février 2018) est "une oeuvre très rarement donnée" qui n'a jamais été présentée en France. Cette "fable sur l'oppression sociale et la justice" sera dirigée par le chef allemand Lothar Koenigs.

Comme chaque année, l'Opéra de Lyon a passé commande d'une nouvelle oeuvre. Ce sera GerMANIA, le deuxième opéra du Russe Alexander Raskatov (mai-juin 2018), dont le livret s'inspire de textes du dramaturge Heiner Müller. "C'est un panorama de l'Allemagne du 20e siècle, de la Première guerre mondial à la chute du Mur et à la réunification", a expliqué M. Dorny.

"Ce sera aussi, a-t-il indiqué, une oeuvre d'une tonalité ironique et grinçante" avec la présence sur scène de personnages comme Hitler et Staline.

Le prochain festival de l'opéra (mars-avril 2018) sera consacré à Verdi, avec trois oeuvres (Macbeth, Don Carlos et Attila), pour "coïncider avec la première saison" de Daniele Rustoni.

Ce festival permettra pour la première fois de découvrir Don Carlos, "oeuvre oubliée jusque dans les années 50" dans sa version française, avec les passages supprimés par le compositeur après la première de 1867.

L'Opéra de Lyon proposera chez lui et hors les murs quatre "formats courts", des pièces d'une heure présentées à l'horaire inhabituel de 19H00. "Nous voulons les développer", a expliqué M. Dorny en relevant que 40% du public de ces pièces n'avait jamais mis les pieds à l'opéra auparavant.

M. Dorny a aussi expliqué vouloir favoriser l'émergence au sein de l'orchestre de l'opéra d'une formation baroque. Cette initiative se concrétisera pour la première fois avec la représentation d'un Alceste de Gluck. Et dès la saison 2018/19, l'opéra de Lyon montera annuellement un opéra baroque. Ce sera du Haendel pour la première.

L'orchestre de l'opéra interprétera aussi plusieurs pièces du répertoire français et russe pour "préfigurer la saison 2018/19", a indiqué M. Dorny.

Dans le domaine de la danse, la scène lyonnaise fera honneur au grand chorégraphe tchèque Jiri Kylian avec lequel une collaboration a été engagée l'an dernier. Deux de ses chorégraphies seront présentées en septembre et avril.

Financé à 80% par la ville et les pouvoirs publics, l'opéra de Lyon a donné chez lui, dans d'autres salles lyonnaises ou en tournée 383 représentations l'an dernier, réunissant 196.537 spectateurs.

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