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Tanguy Viel lauréat du grand prix RTL/Lire pour "Article 353 du code pénal"

Tanguy Viel lauréat du grand prix RTL/Lire pour
Le romancier Tanguy Viel le 11 janvier 2017 à ParisJOEL SAGET
 

Le romancier Tanguy Viel a reçu lundi le Grand prix RTL/Lire pour "Article 353 du code pénal" (Minuit), un grand roman politique et social, profondément humain, qui pose la question de la légitimité de la violence face à la cupidité destructrice.

Jeter un homme à la mer pour le noyer, quelle horreur! Martial Kermeur, ancien ouvrier spécialisé, licencié de l'arsenal de Brest, a commis un crime et ne le nie pas. Puisque nous avons un coupable est-ce la fin de l'histoire? Évidemment non.

Tanguy Viel place le lecteur dans la position d'un juge d'instruction. C'est la déposition de Martial Kermeur qu'il nous invite à écouter.

Le roman, sorti en janvier, est le 7e écrit par le romancier d'origine brestoise. Comme ses précédents ouvrages, "Article 353 du code pénal" est rédigé dans un style clair et incisif. Le récit est raconté à la première personne, sans fioritures.

Il faut entendre la voix de Martial Kermeur, homme désenchanté, "socialiste de 1981", dit-il, naïf et malheureux qui vit seul avec Erwan, son fils, depuis son divorce.

C'est la révolte puérile d'Erwan (déjà croisé dans "Paris-Brest", un autre roman de Tanguy Viel), indigné par l'arnaque dont a été victime son père, affreusement résigné, qui poussera finalement Martial Kermeur à commettre un meurtre en jetant à l'eau le promoteur immobilier véreux Antoine Lazenec.

L'histoire de Martial Kermeur c'est en fait l'histoire de ces ouvriers sacrifiés au nom de la compétitivité et de l'argent-roi. Une classe ouvrière trahie et accablée, ayant perdu le sens de la révolte.

Cela peut-il constituer une circonstance atténuante pour un crime? Tanguy Viel se garde de donner la réponse laissant ses lecteurs dans la position du juge ou d'un juré dans un procès d'assises.

Le titre du livre se réfère à l'article du code pénal qui précise que face à un crime, les juges et les jurés doivent uniquement "s'interroger eux-mêmes dans le silence et le recueillement et chercher, dans la sincérité de leur conscience, la réponse à cette seule question: +avez-vous une intime conviction?+".

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