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Véronique Olmi, lauréate du prix du roman Fnac pour "Bakhita"

Véronique Olmi, lauréate du prix du roman Fnac pour
La romancière Véronique Olmi, le 7 septembre 2017 à ParisJOEL SAGET
 

La romancière Véronique Olmi a reçu mercredi le prix du roman Fnac pour "Bakhita" (Albin Michel), bouleversante histoire d'une petite esclave soudanaise du XIXe siècle proclamée sainte en 2000 par le pape Jean Paul II.

Véronique Olmi, 55 ans, est également en lice pour le prix Goncourt, le Goncourt des lycéens et le prix Landerneau des lecteurs. Sorti le 23 août, "Bakhita" s'affirme déjà comme l'un des romans les plus populaires de la rentrée.

Bakhita est un prénom qui signifie "la chanceuse". Les marchands d'esclaves qui l'enlevèrent dans un village du Darfour vers 1876 alors qu'elle avait à peine 7 ans l'affublèrent de ce nom peut-être par ironie. Jamais Bakhita ne se souviendra de son véritable patronyme. Elle ne retrouvera jamais non plus ni sa famille ni son village.

Le destin de la petite fille est effroyable et Véronique Olmi qui confesse avoir été "happée" par la figure de Bakhita se place au plus près de son sujet. Le lecteur partage les angoisses de Bakhita, ses émotions, sa douleur.

La jeune fille sera vendue, revendue jusqu'à ce que le consul italien à Khartoum, Calisto Legnani l'achète à son tour (c'est alors la cinquième fois que Bakhita change de propriétaire!). Elle a 13 ans. Legnani, "un Juste", soutient Véronique Olmi, emmène la jeune fille en Italie où elle sera domestique mais enfin libre.

Un ami de la famille (anticléricale!) où elle travaille lui fait découvrir le christianisme. La révélation n'ira pas de soi. Bakhita pense être indigne de l'amour de Dieu. Quand elle comprend ce qu'elle partage avec le Christ, la jeune femme demande à devenir "la fille d'un père qui ne l'abandonnera jamais".

Elle devient religieuse. Elle devra encore subir sarcasmes et humiliations. Un prêtre la surnomme "la mouche de Jésus" en raison de la couleur de sa peau. On moque son manque de maîtrise de l'italien. Mais "madre moretta" (la petite mère noire) qui a déjà tant souffert préfère se dévouer aux enfants et aux faibles.

Dans l'Italie de la fin du XIXe siècle, l'ancienne esclave n'est pas dupe et voit bien la misère de paysans qui meurent de faim et d'épuisement.

Le régime fasciste de Mussolini va l'instrumentaliser durant la conquête de l'Ethiopie. Elle est "la négresse devenue religieuse", un exemple pour les "sauvages". Elle sera exhibée sur toutes les places d'Italie pour recueillir des fonds pour les missions en Afrique. Elle meurt en 1947, épuisée, à 78 ans.

Véronique Olmi recevra officiellement son prix vendredi des mains de Leïla Slimani, à l'ouverture du Forum Fnac Livres, festival littéraire qui aura lieu jusqu'à dimanche à la Halle des Blancs Manteaux à Paris.

Elle succède à Gaël Faye récompensé l'an dernier pour "Petit pays" (Grasset), roman qui avait obtenu ensuite le convoité Goncourt des lycéens.

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