La luminothérapie, vous en avez déjà entendu parler. Surtout avec ce printemps 2013 qui a des airs d'automne. Sous différentes formes, il s'agit d'une "cure" de lumière, avec l'influence que cela peut avoir sur notre cerveau, et donc sur notre humeur, sur nos hormones, etc…

Le concept PSIO va bien au-delà de la luminothérapie. Il s'agit d'une paire de lunettes complètement opaques, qui affiche "un aplat de couleurs homogènes produites par des LED intégrées", nous explique Georges Liekendael, directeur de la société LINK, basée à Opprebais, qui distribue les lunettes et a participé à son développement.  

Les branches des lunettes sont affublées d'écouteurs, ce qui permet de "diffuser des programmes de stimulation audiovisuelle combinant sons, musique, voix, avec des lumières colorées synchronisées".

 

Un projet 100% belge

Voilà pour la théorie. Evoquons rapidement la genèse du projet qui, soyons chauvin car ça n'arrive pas tous les jours, est 100% belge.

La luminothérapie classique existe depuis un certain temps. "Mais les appareils utilisés jusqu'à présent étaient bien différents. Quand on couplait le son avec des lumières, il s'agissait de bip-bip strident, sur de grosses machines", poursuit M. Liekendael.

L'idée des partie-prenantes du projet: "Renforcer la stimulation visuelle, et ajouter un vrai décor sonore". Et intégrer le tout dans une paire de lunettes sur batterie. Il a donc fallu attendre l'essor du LED, la miniaturisation et la démocratisation des composants pour commercialiser le projet.

Stéphane Dumonceau-Krsmanovic (directeur de Psychomed.com SA, une entreprise belge), est le créateur de PSIO, conçu en Belgique avec la collaboration de différents développeurs belges et du département de physique optique de l’Université de Liège, en la personne du Professeur Serge Habraken.

 

Comment ça marche ?

Le principe de PSIO, c'est de contrôler l'activité du cerveau, en lui faisant perdre ses repères. Selon les programmes choisis (voir plus bas), l'intensité des flashs lumineux, leur couleur et la durée de la séance varient. Les lunettes sont prévues pour recouvrir entièrement votre champ de vision.

"C'est différent des outils de relaxation traditionnel, qui mettent le cerveau au repos en le laissant tranquille. Les lunettes PSIO, au contraire, stimulent le cerveau afin de le faire lâcher prise, en bloquant la rumination mentale", explique Georges Liekendael.

Maltraitée, notre matière grise ? "Le cerveau va essayer de trouver des repères, mais n'y arrivera pas".

"L'aplat de couleur diffusé par les lunettes se situe en dessous de la distance focale normale. Chaque clignement de lumière renforce l'effet Ganzfeld (il s'agit d'un "état" qui accentue les perceptions extra-sensorielles, NDLR)."

Vous voyez dès lors des formes et des éléments étranges. "Le cerveau cherche à identifier ce qu'il voit, mais il ne comprend pas. Il projette donc certaines choses qui n'existent pas réellement. C'est comme lorsqu'on passe d'une pièce éclairée à une pièce très sombre, ou lorsque que l'on ferme très fort les yeux".

 

Différents programmes

Votre cerveau est dès lors plongé dans un état inhabituel, il devient "perméable" et on peut l'influencer. "Il s'agit d'une stimulation visuelle, mais ciblée".

Les "cibles", ce sont les programmes que vous téléchargez sur le portail de Mind2Relax (ils sont payants, bien entendu). Puis vous les chargez sur vos lunettes, en les connectant à votre ordinateur (elles apparaissent comme une clé USB, et vous y déposez les fichiers téléchargés souhaités)

Des programmes, il y en a pour tous les goûts. De la relaxation (pour se détendre), à la stimulation (pour être plus concentré), en passant par la gestion de la douleur et l'hypnose.

"Ce n'est pas un traitement, ça ne remplace pas la médecine traditionnelle. Mais en bloquant la rumination mentale, on peut soulager les gens. Cela touche de nombreux domaines, comme les personnes atteintes de fibromyalgies, celles souffrant de troubles du comportement sexuel, etc".

 

Des anesthésies… ou chez le dentiste

Sans la remplacer, bien entendu, "PSIO peut agir, avec un certain programme et dans certaines circonstances, comme une anesthésie. Un programme spécial "dentiste" détourne votre attention de ce qui se passe dans votre bouche. "Dès lors, le seuil de tolérance de la douleur est complètement modifié".

"En ajoutant la voix à la musique, nous touchons également au domaine de l'autohypnose. C'est un thérapeute qui parle. Les séances peuvent durer plusieurs dizaines de minutes. On entre aussi dans le domaine de la sophrologie. On relaxe la personne pour qu'elle soit réceptive, puis on fait passer des messages subliminaux".

 

La NASA et le Pentagone

Toutes ces recherches ont porté leurs fruits. Lors du dernier grand salon de l'électronique à Las Vegas (CES), PSIO a rencontré un certain succès. "Un médecin de la NASA teste les lunettes pour voir si cela peut servir aux astronautes pour faire un break, ou au contraire pour améliorer les performances".

Et ce n'est pas tout: "Au Pentagone, on y songe pour les soldats qui reviennent de la guerre avec plein d'horribles souvenirs", conclut Georges Liekendael.