Connaissez-vous Frédéric della Faille ? Il s'agit d'un entrepreneur belge actif dans le domaine du web et des nouvelles technologies depuis 1996. Il a déjà fait un détour par les studios de RTL, en mai 2011. Dans l'émission "Les Teknophiles", il expliquait, à son retour de San Francisco, le bon accueil qu'avait reçu la présentation de son grand projet de l'époque, Checkthis.com (un site qui permet de créer facilement et rapidement une page web).

Mais si on parle énormément de lui pour l'instant, c'est grâce à une nouvelle idée qu'il a eue entretemps: Frontback (littéralement: devantderrière).

 

C'est quoi, Frontback?

Il s'agit d'une application, pour l'instant réservée à l'iPhone d'Apple, qui réunit, dans une photo verticale, deux clichés pris au même moment par les deux appareils photos du téléphone (le principal, à l'arrière, et le plus petit, à l'avant, destiné habituellement à la visioconférence).

Bien entendu, réseaux sociaux obligent, le but est de partager cette photo. Et là, on rejoint le principe d'Instagram: soit vous postez la photo sur vos comptes Facebook, Twitter, etc ("deux tiers des photos sont partagées" de cette manière, a expliqué Frédéric della Faille), soit vous vous contentez des utilisateurs de l'application Frontback, qui peuvent vous suivre et que vous pouvez suivre.

 

Succès immédiat

L'idée, relativement simple, connait un succès retentissant. Déjà installé aux Etats-Unis afin de lever des fonds pour son projet initial (Checkthis.com), Frederic Della Faille a toute l'attention des médias américains, et celle de quelques grands noms de la Silicon Valley, à San Francisco, La Mecque des réseaux sociaux.

Utilisée par des hauts responsables de Twitter et Google, ainsi que par… Elio Di Rupo, notre premier ministre, l'application est téléchargée plus de 300.000 fois, sans autre publicité que le bouche à oreille des années 2010: les réseaux sociaux.

 

Twitter veut le racheter…

La grosse info du moment le concernant, selon le site spécialisé TechCrunch, c'est qu'il aurait refusé une offre de rachat de Twitter, le géant américain du micro-blogging dont la valeur est estimée à 11 milliards de dollars. Il aurait pu prendre une pension anticipée et couler des jours paisibles où bon lui semble… Mais quand on est entrepreneur, ce n'est pas le but.

Plutôt discret sur ses finances, Frédéric della Faille a donc préféré lever des fonds pour garder la main sur son application et la développer comme il l'entend. Il aurait "reçu" près de 3 millions de dollars de la part d'investisseurs, qui parient sur le succès de l'application (et qui donc, au final, pourraient gagner plus que leur mise de départ)…

Et pour trouver les meilleurs ingénieurs et les meilleurs mécènes, il a décidé de s'installer à San Francisco. Au bas de la page, vous pouvez même découvrir ses nouveaux bureaux, grâce à une photo prise avec Frontback (forcément), et partagée sur Twitter (vous suivez toujours ?).

 

Le nouvel Instagram ?

C'est le célèbre média économique américain Bloomberg qui a osé titrer "Frontback est-il le nouvel Instagram?" (Instagram est le premier réseau social basé uniquement sur le partage de photo, il a été racheté par Facebook il y a quelques temps pour… 1 milliard de dollars).

Interrogé le lendemain de son emménagement en Californie, il y explique que la grosse surprise, c'est que Frontback est "tellement plus que deux photos collées l'une au-dessus de l'autre. C'est l'endroit où vous êtes, ce que vous voyez et à quoi vous ressemblez".

Il avoue qu'il "ne sait pas" si ça va remplacer toutes les applications de partage de photo. "On a voulu en faire un vrai produit. Quand vous parcourez les photos des gens que vous suivez sur Frontback, chaque balayage du doigt, c'est une histoire, c'est une immersion dans la vie de quelqu'un".

 

Un réseau social, et non une application de photo…

Simple application ou nouveau réseau social ? Le Belge explique qu'actuellement, deux-tiers des photos sont partagées "à l'extérieur" (comprenez: sur Facebook, Twitter, etc) mais qu'il y a une communauté qui grandit rapidement au sein de l'application. "C'est très créatif, les gens passent beaucoup temps dans l'application".

"Donc oui, on croit qu'on peut construire quelque chose de bien plus important que le fait de prendre deux photos en une".

Frontback, pour l'instant, c'est 6 personnes. Et l'avenir ? Plus d'argent ? "On n'a rien à dire à propos de l'argent, les choses se passent bien", répond Frédéric della Faille avec une humilité et une pudeur bien européennes.

"On est super content de la manière dont ça se passe. Le futur, c'est prendre plus de photos, et engager les meilleurs ingénieurs de San Francisco".

 

Mathieu Tamigniau (@mathieu_tam)