Iggy Pop et les Stooges, plus jeunes que jamais, ont enflammé samedi la deuxième édition de la "Garden Nef Party", le festival rock d'Angoulême, où la météo estivale n'a pas empêché le public d'être noyé, deux jours durant, sous un déluge de guitares électriques.

Intense, bestial, transpirant, tel a été le show d'une heure dix de l'"Iguane". L'un des rares concerts français d'Iggy Pop cet été a parfaitement respecté le cahier des charges d'un festival plus "sueur" que "paillettes", où environ 19.000 personnes se sont pressées vendredi et samedi.

"Bonsoir, nous sommes les fucking Stooges!", a démarré l'Américain, jean sombre et torse nu, avant d'aller chercher un public qui ne demandait que ça. Sur "No Fun", la scène fut ainsi envahie par une cinquantaine de fans à l'invitation du chanteur.

A 61 ans, "Iggy" fut plus jeune que jamais. Traversant la scène de long en large. Escaladant à l'occasion un mur d'amplis. Tombant à quatre pattes sur "I Wanna Be Your Dog". Brisant aussi quelques micros pour la forme.

Musicalement, les Stooges, qui ont bâti leur légende entre 1967 et 1974 avant de se réformer en 2003, furent sans surprise mais sans faute de goût.

Avant l'"Iguane", d'autres "bêtes" de scène s'étaient invitées: The Hives, "rock garage" et costumes noirs "rétro". Efficaces et bruyants, les Suédois et leur chanteur Pelle Almqvist avaient parfaitement chauffé la place pour Iggy.

Mais le rock à (grosses) guitares ne fut pas, à Angoulême, seulement une affaire d'hommes.

La preuve en trois temps en a été donnée par l'énervée Mademoiselle K, toute de noir vêtue, puis l'élégante Olivia de The Do, groupe porté par leur tube "On My Shoulders" salué par les festivaliers, et enfin la rugissante Lisa Kekaula aux faux airs d'Aretha Franklin, la voix du groupe californien The Bellrays qui mêle habilement soul et rock.

Au milieu de ce flot de guitares saturées, le concert de l'Américain Adam Green, traversé d'une jolie veine folk, est apparu comme un îlot plus calme.

Tout comme le show du groupe Patrick Watson, du nom de son chanteur. La formation canadienne réunit une poignée de bricoleurs adorant surtout maltraiter leurs instruments et tirer d'improbables sons d'un piano à queue, d'une guitare mais aussi d'une scie ou d'un ballon de baudruche.

Vendredi, la première journée avait notamment accueilli The Kills, The Raconteurs et le groupe d'électro Justice.