Pas d'effet pyrotechnique, de mise en scène grandiose, ni de longs discours, mais du rock et du groove : c'est dans la simplicité que les Red Hot Chili Peppers ont séduit samedi soir le public pour leur première venue dans un Stade de France quasiment complet.
Pour les accompagner, les Californiens se sont contentés de deux musiciens supplémentaires -- et souvent accessoires -- et de quelques écrans géants donnant de l'envergure à leurs silhouettes, qui semblaient minuscules face à la pelouse du stade envahie par des milliers de spectateurs.
Les presque quinquagénaires ont toujours des airs de post adolescents : le chanteur Anthony Kiedis, casquette vissée sur la tête et fine moustache dans une tenue improbable mi-short mi-pantalon, le bassiste Flea torse nu, noueux et tatoué.
Au-delà de l'allure, ils n'ont rien perdu de leur panache, comme l'ont prouvé des versions incandescentes de deux de leurs tubes les plus incisifs "Blood Sugar Sex Magic" et "Give it away".
S'il a gardé son inimitable phrasé rap et un beau timbre, Anthony Kiedis a parfois paru en retrait derrière ses musiciens, sa voix semblant de temps à autre noyée au milieu des instruments.
Il a d'ailleurs laissé Flea assurer l'essentiel du dialogue avec le public. Musicien au style funk reconnaissable entre tous et vrai bête de scène, celui-ci a fait le show, marchant sur les mains, sautant et pliant son corps élastique au rythme de la basse.
Il a surtout ponctué le concert de longues -- et pourtant jamais ennuyeuses -- improvisations instrumentales avec le batteur Chad Smith et le guitariste Josh Klinghoffer.
Le jeune trentenaire, qui a remplacé John Frusciante depuis l'album "I'm with you" paru l'été dernier, a manifestement trouvé sa place au sein du groupe, accompagnant le bassiste tant dans ses envolées rock que dans ses embardées vers le funk et la world music.
Les morceaux du dernier album des Red Hot Chili Peppers, tièdement accueilli par la critique à sa sortie, ont eux aussi trouvé leur place dans le set.
Mais c'est surtout la longue liste de tubes accumulés en trente ans de carrière qui a enflammé le public du Stade de France.
Particulièrement enthousiaste, celui-ci -- des fans entre 20 et 40 ans -- a beaucoup contribué à la réussite du concert, bougeant, chantant, applaudissant à tout rompre, sortant briquets et téléphones portables pour accompagner des versions de "Californication" et "Under the bridge" particulièrement réussies.
Seul bémol, un concert un peu court -- à peine deux heures rappel compris -- pour un baptême dans la plus grande enceinte de France.












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